On vous explique

Le bois, une ressource bretonne à comprendre pour mieux la préserver

Par Emmanuèle Savelli et Alejandro Zermeno Rodriguez (OEB)
en collaboration avec Gildas Prévost (Fibois) Nicolas Lorique et Julien Blanchin (CNPF) Julien Prinet (ONF) Patrick Souben (Draaf) Emmanuel Faivre (CRB)
Mise à jour : 05 octobre 2026
Temps de lecture : 16 minute(s)
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Chemin forestier

Comment savoir si l’exploitation du bois des forêts et du bocage bretons est durable ? En Europe, on utilise six critères pour évaluer la gestion forestière : surface et ressources en bois, santé des forêts, produits fournis, biodiversité, rôle de protection et importance économique. Ces indicateurs permettent de mesurer l’impact environnemental, social et économique de la forêt et certains peuvent être transposés au bocage. Découvrons comment ces données aident à juger la durabilité de l’exploitation du bois breton et à pressentir les effets du changement climatique sur la ressource en bois.

Forêt et bocage en Bretagne : de quoi parle-t-on ?

La forêt couvre 16 % du territoire breton. C’est 2 fois moins que la moyenne nationale. Sur les 13 régions françaises, la Bretagne est classée en 10e position pour son taux de boisement. Toutefois, d’après l’IGN, depuis les années 1970, la surface forestière a plus que doublé en Bretagne, ce qui se traduit par l’une des plus fortes augmentations de volume de bois vivant en France.

À l’échelle régionale, la forêt se répartit en une multitude de petites surfaces, diffuses et morcelées. Seuls 5 massifs forestiers dépassent 2 000 hectares. Près de 138 000 propriétaires privés possèdent, rassemblés, plus de 90 % de la forêt bretonne, sous la forme le plus souvent de petites propriétés (faisant moins de 4 hectares pour 93 % d’entre eux).

La forêt bretonne est composée de 80 % d’arbres feuillus (chêne, châtaignier, etc.) et de 20 % de résineux. Environ 1/5e de la surface forestière régionale actuelle est issue de plantations subventionnées, réalisées depuis les années 1950. Et depuis les années 1980, on constate un phénomène de boisement spontané dans des zones de déprise agricole, conséquences de l’intensification de la production agricole et de l’exode rural. Ce boisement spontané est devenu majoritaire dans l’expansion forestière.

Entre 1947 et 1999, le Fonds forestier national a contribué à la plantation de 90 000 ha de plantations forestières, principalement des résineux. Et depuis 2015, le programme Breizh Forêt Bois a contribué à planter 1 100 ha. 

Source : SRGS de Bretagne d’après cadastre 2016

« Entre 1985 et 2015, 99 % des surfaces boisées étaient d’anciennes surfaces agricoles, dont 87 % des essences sont issues d'un boisement spontané. » (Source : Chiffres clés du bois-énergie en Bretagne - Édition 2025, OEB)

Carte : évolution des surfaces estimées en boisement spontané en Bretagne entre 1985 et 2015

La deuxième ressource en bois de la Bretagne se trouve dans son bocage. Ce paysage rural, reconnaissable à ses parcelles ceintes de talus, de haies ou de murets, est né des besoins de la société paysanne. Il a atteint son apogée dans les années 1950. Puis l’arasement de haies a commencé, sous l’effet de la mécanisation agricole et du réaménagement foncier des parcelles.

Depuis 2008, le linéaire total des haies est resté relativement stable en Bretagne et celle-ci reste une des dernières terres françaises où l’on trouve du bocage dense, surtout en Centre-Bretagne et en Côtes-d’Armor. En 2020, le linéaire de haies bocagères était estimé à 148 000 km. Le taux d’arasement de -0,5 % par an entre 2008 et 2020 est contrebalancé par de nouvelles plantations, mais la dégradation de la qualité du linéaire persiste.

Source : référentiel bocager breton (Breizh bocage IGN, 2020)

Comment évaluer si l’exploitation du bois est durable ?

Pour évaluer la durabilité de l’exploitation forestière en Europe, l’IGN explique qu’on utilise des indicateurs « organisés selon 6 critères […] dits "critères d'Helsinki" (du nom de la conférence où ces critères ont été adoptés) […] :

  • La surface des forêts et la ressource en bois, dont le suivi est essentiel pour comprendre la place de la forêt dans le territoire et son rôle dans la lutte contre le changement climatique ;
  • L’état de santé des forêts, confrontées à des menaces comme les tempêtes, sècheresses, maladies ou incendies ;
  • Les produits issus des forêts, qui fournissent du bois mais également d’autres produits comme le liège, le miel, etc.
  • La diversité biologique, car la forêt est un écosystème constitué d’un ensemble complexe d’espèces qui interagissent entre elles ;
  • Le rôle de protection des forêts, qui contribuent à nous protéger contre les risques naturels, à protéger les sols et la qualité de l’eau ;
  • La place économique de la filière forêt-bois, qui, en transformant le produit bois, est pourvoyeuse d’emplois et génératrice de richesse, ainsi que l’importance des forêts comme espaces de loisirs et de bien-être. » (Source : IGN)

Ces critères sont transposables au bocage avec quelques adaptations. Par exemple, les scientifiques utilisent l’évolution du linéaire bocager et de la ressource en bois (son volume mais aussi la structure du bocage, les types de strates et l’étagement). L’état de santé du bocage est analysé par le prisme du dépérissement, du vieillissement, etc.

Ces critères sont transposés dans les réglementations applicables aux forêts, principalement dans le Code forestier.

À quoi sert le bois dans la région ? Quelles sont les autres sources de bois utilisées ?

En Bretagne, le stock de bois sur pied est de ~ 60 millions de tonnes de bois forestier et celui de bois bocager est de 33,5 millions de tonnes. Lors de la récolte du bois forestier, les différentes parties de l’arbre sont triées selon trois usages. De manière générale, le bois d’œuvre comprend les parties du tronc et les tiges suffisamment grosses et qualitatives. Il sert pour la fabrication de meubles et charpentes, pour le bâtiment, tout produit en bois massif, mais également pour la fabrication de palettes. Les tiges et les branches de plus de 7 cm de diamètre ainsi que celles non utilisées pour du bois d’œuvre servent à l’industrie et à la production d’énergie (bois-énergie). Le reste est du menu bois qui reste sur place et enrichit le sol. Le bois d’industrie est trituré (c'est-à-dire broyé ou défibré) et transformé en panneaux de particules et de fibres, ou en pâte à papier, etc. Pour le bois-énergie, le bois est transformé en bûches, plaquettes (ou bois déchiqueté) et granulés.

Dans la région, le bois bocager est pour l’essentiel consommé pour se chauffer (il est aussi brûlé sur place ou utilisé comme bois de service par exemple pour créer des poteaux en bois). Enfin, avec les connexes de scieries, le bois en fin de vie et les végétaux, des gisements secondaires de bois viennent compléter les ressources forestières et bocagères, notamment pour la production d’énergie mais aussi pour de la valorisation matière ou organique (fabrication de piquets ou de paillage pour des végétaux).

Source : campagnes IFN 2020-2024. Pour faciliter leur comparaison, les stocks de bois sont ici exprimés en tonnes mais les données existent également en mètres cubes.

La Bretagne est un cas particulier car le bois d’industrie est majoritairement utilisé pour le chauffage au bois via la transformation en granulés. Une partie sert à la production de panneaux de particules. (Sources : Enquête CCI 2022 Connexes de la 2e et 3e transformation, Méthodologie de traitement des données du bois-énergie, OEB)

La stratégie européenne pour les forêts en 2030 hiérarchise les usages du bois pour optimiser et protéger la ressource en bois. La priorité est de fabriquer des produits à base de bois (bois d’œuvre et d'industrie) et d’allonger leur durée de vie, avant de les réutiliser, les recycler, voire les consommer pour le bois-énergie. Leur élimination ne doit être qu’un dernier recours.

Le bois draine toute une économie locale en mutation et avec des spécificités régionales. La filière bois régionale compte ~ 24 000 salariés et ~ 3 000 entreprises. Plus des deux-tiers des entreprises sont dans les secteurs de la construction (charpente, menuiserie), le mobilier et l’aménagement.

Quel est l’impact du changement climatique sur cette ressource en bois ?

Depuis quelques décennies les fortes températures et les sécheresses sévères aggravent et étendent le risque d’incendie, le stress hydrique des arbres et leur vulnérabilité. Lors des feux exceptionnels de 2022, près de 2 000 ha sont partis en fumée dans les Monts d’Arrée, et 500 ha à Brocéliande. En Bretagne dans une France à +4°C, les conditions météorologiques favorables aux feux de végétation vont augmenter de 14 à 42 jours, selon les projections climatiques. 

Pour toutes ces raisons, le nombre de communes bretonnes dont les forêts et landes sont classées à risque fort d'incendie a été doublé par un arrêté en 2025 et atteint désormais 190 communes, pour l'essentiel en Ille-et-Vilaine et en Morbihan. Ce classement permet de mettre en place des actions préventives (servitudes de voirie, obligations de débroussaillement, évaluation de besoins en eau, etc.).

Le département Santé des forêts (DSF) édite chaque année un bilan sur l’état sanitaire de la forêt en Bretagne. Il identifie les ravageurs et les pathogènes plus ou moins virulents selon les essences. Récemment, les crises sanitaires les plus présentes et à impact fort ont concerné le dendroctone de l’épicéa entre 2021 et 2023 ; les défoliateurs précoces, l’oïdium des chênes et l’encre du châtaignier depuis 2021.

Le suivi sanitaire des forêts en Bretagne

Depuis 1989, le Département santé des forêts (DSF), placé sous l’égide du ministère de l’Agriculture, coordonne à l’échelle interrégionale l’action des personnels techniques forestiers intégrés à un réseau chargé de collecter, de centraliser et de faire remonter les informations recueillies sur le terrain. Les intervenants de ce réseau, baptisés correspondants-observateurs, proviennent de divers services forestiers (DDTM, ONF, CNPF, expert forestier, etc.). Ils effectuent au cours de leurs missions quotidiennes ou sur sollicitation des propriétaires et gestionnaires, des observations et des signalements sur les problèmes sanitaires rencontrés en forêt.

Photo : Réseau caractéristique de galeries creusées par des scolytes
Crédit photo : JYB Devot | Réseau caractéristique de galeries creusées par des scolytes

 

Quels sont les enjeux pour l’environnement d’une consommation de bois durable ?

Les pratiques de gestion sylvicole et de récolte de la ressource en bois ont des effets sur l’environnement, à l’échelle locale et globale. Les arbres sont à la fois une composante forte des paysages bretons, et un maillon clé de deux grands cycles géochimiques de notre planète (avec les sols forestiers) : celui de l’eau et celui du carbone. 

D’une part, les modalités de gestion de la ressource en bois déterminent l’aspect des paysages (bocage, paysages boisés, etc.), ainsi que la répartition des espaces naturels, agricoles et forestiers. 

D’autre part, les arbres restituent l’eau sous forme gazeuse à l’atmosphère (phénomène d’évapotranspiration), réduisent le ruissellement de l’eau et favorisent son infiltration dans le sol. Ils séquestrent aussi le carbone lors de leur croissance grâce à la photosynthèse et peuvent le stocker dans la durée. En 2022, l’accroissement biologique de la forêt bretonne a ainsi permis de capter l’équivalent de 5 % des émissions de gaz à effet de serre de la région.

Parce que les deux principales ressources en bois exploitées dans la région se trouvent dans les forêts et le bocage, les prélèvements de bois ont aussi des impacts sur la biodiversité de ces milieux naturels et, plus généralement sur la trame verte écologique. La biodiversité forestière dépend étroitement de la connexion des milieux forestiers entre eux, des micro-habitats disponibles, de la nature et des volumes de bois vivants ou morts, et de l’ouverture plus ou moins étendue et intense que les prélèvements de bois créent dans les milieux forestiers. Le volume de bois mobilisé et exporté de la forêt fait varier le taux de matière organique des sols. Et ce taux contrôle lui-même leur fertilité, leur capacité de rétention de l'eau ou des éléments nutritifs, et leur activité biologique. 

Toute l’eau de pluie qui tombe ne reste pas disponible pour les rivières et les nappes souterraines. Plus de la moitié de l’eau s’évapore depuis les sols et les milieux aquatiques, ou est émises par la transpiration des végétaux : c’est ce qu’on appelle l’évapotranspiration.

L’usage de bois, issu de forêts gérées durablement, pour la construction de bâtiments sur du long terme permet de soustraire du carbone de l’atmosphère (1 m3 de bois équivaut à 1 tonne de CO2) et participe ainsi à l’atténuation du changement climatique. « En forêt, les arbres séquestrent le carbone atmosphérique, ensuite les produits en bois, durant la phase de mise en œuvre stockent ce carbone (on espère le plus longtemps possible). En utilisant du bois plutôt que des matériaux d’origine fossile ou très énergivores, on évite de nouvelles émissions de carbone (effet de substitution). On appelle ces 3 effets cumulés la règle des “ 3S “ (pour séquestrer-stocker-substituer) » (Gildas Prévost, animateur Ressource et Observatoire chez Fibois).

La forêt est, après les océans, le deuxième puits de carbone le plus important.

Enfin, à l’heure où les ressources finies se raréfient et où l’on cherche à optimiser l’usage de ressources renouvelables et locales, le bois utilisé à des fins énergétiques offre une alternative décarbonée aux énergies fossiles. Ceci à condition que les pratiques sylvicoles permettent aux écosystèmes forestiers de stocker du carbone et qu’on ne les dégrade pas, et surtout que les produits bois-énergie soient uniquement les produits connexes de la production du bois d’œuvre (écorces, plaquettes, sciures, etc.) – puisque le bois-énergie est la dernière étape de la hiérarchie des usages. 

Production biologique, prélèvements et mortalité : quel bilan en Bretagne ? Quelles tendances ?

Pour évaluer le niveau d’exploitation du bois forestier, l’IGN utilise le bilan des flux de bois entrant (la production biologique de bois liée à l’accroissement végétal) et sortant (les prélèvements de bois vivant coupé et la mortalité naturelle des essences forestières). Lorsque ce bilan est positif – c’est-à-dire que la production biologique dépasse les prélèvements et la mortalité – le stock de bois vivant sur pied augmente et la forêt est préservée. Lorsqu’il est négatif, la forêt régresse.

En Bretagne, entre 2012 et 2022, la récolte de bois forestier pour du bois d’œuvre a augmenté de 45 %, soit ~ 230 000 tonnes de bois. Paradoxalement, les résineux représentent 77 % du bois forestier prélevé alors que ces essences de constituent que 22 % de la forêt bretonne. Globalement, le bilan des flux du bois sur la période 2015-2023 est positif. Mais il y a une forte disparité entre les feuillus dont les bilans annuels sont positifs et les résineux pour lesquels la situation est préoccupante depuis quelques années en raison de l'érosion continue de la ressource et du ralentissement de la croissance des arbres.

En France, le bilan des flux de bois a reculé de 54 % entre 2005-2013 et 2015-2023. L’IGN explique dans l’édition 2025 de son Mémento sur la forêt que « cette réduction est liée à une mortalité en hausse, des prélèvements (pour partie contraints par l’état sanitaire des arbres) en progression et une production biologique en baisse ». Ces tendances, si elles ne sont pas encore significatives en Bretagne restent une préoccupation majeure, et résultent des effets du changement climatique en cours. Elles pointent l’importance d’adapter aujourd’hui la gestion des forêts et du bocage pour préserver la ressource en bois de demain.

Aller plus loin avec des données spatialisées et chronologiques détaillées

Collections cartographiques

Tableau de bord

  • Indicateurs de suivi de la forêt et du bois en Bretagne 
    Série d'indicateurs mis en place dans le cadre du Programme régional forêt-bois de la Bretagne (PRFB) : surfaces et taux de boisement, propriétaires et taille des propriétés forestières, documents de gestion durable et certifications, surfaces existantes et plantées, volumes de bois sur pied et bilan des flux de bois, productions et volumes de bois rond récoltés, établissements et emplois de la filière bois, bois exploité et transformé, bois de construction et bois-énergie.
  • Les ressources biologiques potentielles en bois énergie par EPCI en Bretagne 
    Données de production biologique en bois et de récolte théorique pour le bois-énergie, par type de ressource (forêt, bocage) et par type d’essence forestière (résineux, feuillus mixte), à l’échelle régionale et par EPCI.
  • Les ressources connexes de scieries et en bois en fin de vie par EPCI en Bretagne
    Données des ressources potentielles de connexes (1ère transformation) et de bois en fin de vie (issus de la collecte publique) pour la production d'énergie à la maille EPCI en Bretagne pour l’année 2022.

Que retenir ?

  • La Bretagne est deux fois moins boisée que la moyenne française. Mais le taux de boisement y a très fortement progressé depuis 60 ans pour atteindre aujourd’hui 16 %. 

  • Les forêts sont composées à 80 % de feuillus. Elles appartiennent à 93 % à des propriétaires privés, détenant de faibles surfaces. Une grande partie des nouveaux boisements vient soit de plantations subventionnées depuis les années 1950, soit de boisements spontanés liés à la déprise agricole et à l’exode rural.

  • Le bocage est la deuxième grande ressource en bois de la région et un élément clé des paysages bretons. 

  • Après une forte régression des haies au XXe siècle à la suite de l’intensification de l’agriculture, le linéaire bocager semble se stabiliser, grâce aux nouvelles plantations, même si sa qualité continue de se dégrader.

  • Forêts et bocage sont essentiels pour le stockage du carbone, la ressource en eau et la biodiversité. En Bretagne, le bois sert surtout à la construction, à l’industrie et au chauffage. La filière bois y représente ~ 24 000 emplois. 

  • L’exploitation durable du bois se mesure à travers plusieurs critères : état de santé des forêts, biodiversité, ressource disponible, rôle économique, protection des sols et de l’eau, ou encore contribution au climat.

  • Le bilan global de l’exploitation de bois forestier en Bretagne est positif : la forêt produit naturellement plus de bois qu’il n’en est prélevé. Mais pas si on considère uniquement les résineux dont le renouvellement est insuffisant. 

  • Le changement climatique fragilise les forêts, en augmentant les sécheresses estivales, le risque d’incendies et de maladies. Tout comme la mondialisation des échanges qui accroît les menaces sanitaires (nématode du pin par exemple).

photo Emmanuele Savelli
Emmanuèle Savelli
Cheffe de projet éditorial et vulgarisation
Pôle communication
02 99 35 45 83
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Alejandro Zermeno Rodriguez
Chef de projet biomasse
Pôle climat & ressources
02 21 76 58 96

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