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Les liens entre santé et environnement : qu’en pensent les Bretons et les Bretonnes ? Comment se protègent-ils ?

Par Morgane Guillet (OEB) modifié par Emmanuèle Savelli (OEB)
en collaboration avec Patricia Bedague (ORS)
Mise à jour : 01 juin 2024
Temps de lecture : 7 minute(s)
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santé-environnement
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Documentation : Baromètre santé-environnement en Bretagne : édition 2007 - édition 2014 - édition 2020

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L’Observatoire de la santé en Bretagne édite tous les 3 ans un Baromètre santé environnement en Bretagne. Réalisé dans le cadre du Programme régional santé environnement 3 (PRSE) avec le soutien de la Dreal Bretagne, de la Région Bretagne et de l’ARS Bretagne, celui de 2020 a permis de sonder 1 400 Bretons et Bretonnes sur leurs perceptions, leurs connaissances et leurs pratiques sur 14 sujets de santé-environnement (qualité de l’air, de l’eau, changement climatique, pesticides, etc.). D’après les résultats, la population est plutôt sensible à l’environnement, même si le niveau d’information et la perception du risque pour la santé varient selon les sujets. Les personnes interrogées prennent davantage en compte la santé-environnement dans leur vie quotidienne qu’il y a 5-10 ans. Cela se traduit par des changements de comportements afin de réduire les risques sanitaires liés à la qualité de l’air, aux ondes électromagnétiques, à l’alimentation, etc.

Les Bretons et les Bretonnes sont-ils sensibles aux questions d’environnement ?

Oui. C'est ce qu'a montré le dernier Baromètre santé environnement, réalisé en 2020, puisque 81 % de la population bretonne se considéraient sensible ou très sensible à l’environnement. Cette sensibilité a augmenté ces dernières années, et ceci pour toutes les tranches d’âge, mais surtout chez les 18 à 25 ans. Les séniors restent néanmoins les plus sensibles (86 % des 65-75 ans en 2020).

Globalement, la population est moins préoccupée en 2020 par les risques de l’environnement pour la santé de la population qu’en 2007 ou 2014.  En 2014, tous les facteurs environnementaux évoqués dans le baromètre étaient perçus comme à risque « très élevé » ou « plutôt élevé » par plus de la moitié de la population. On observe que certains sujets de santé-environnement inquiètent moins en 2020. C’est le cas des ondes électromagnétiques, du radon, de la pollution de l’air extérieur, de l’air intérieur, de la qualité de l’eau du robinet et du bruit. Ainsi en 2020, 55 % des personnes interrogées associent aux ondes électromagnétiques des effets avec un risque élevé ou très élevé pour la santé, contre près de 70 % en 2014.

Davantage de personnes déclarent s’informer sur les risques pour la santé liés à l’environnement (45 % en 2020 contre 30 % en 2014). Elles effectuent leurs recherches principalement auprès d’associations de consommateurs, environnementales, locales et dans une moindre mesure auprès des médias « classiques » (radio, télévision). Cette tendance à plus s’informer s’observe pour toutes les classes d’âge, et particulièrement chez les plus jeunes : 57 % des 18-25 ans déclarent rechercher de l’information en 2020 par rapport à 25 % en 2014. Ils sont d’ailleurs ceux qui s’informent le plus (< 50 % pour les 26-54 ans et environ 36 % pour les 55-75 ans).

S'estiment-ils bien informés sur les sujets de santé-environnement ?

Quand on cherche à évaluer plus précisément les sujets que la population pense connaître, on constate une forte disparité selon les thématiques. Plus de 60 % de la population bretonne se dit bien informée sur les effets sur la santé du changement climatique, de la qualité de l’alimentation, des pesticides, de la qualité de l’eau du robinet ou de la pollution de l’air extérieur.

A contrario, les effets sur la santé des ondes électromagnétiques, de la pollution de l’air intérieur, des perturbateurs endocriniens et du radon ne sont connus que par moins d’une personne sur deux en Bretagne. Ainsi, 40 % des Bretons et Bretonnes n’ont pas entendu parler du radon et de son impact sanitaire. Une situation qui n’a pas évolué depuis 2014 alors que ce gaz radioactif, issu des roches granitiques, serait responsable en Bretagne d’environ 20 % des décès par cancer du poumon (soit 200 décès par an).  Et 17 % ne savent pas ce que sont les perturbateurs endocriniens, des substances présentes dans de nombreux produits quotidiens, dont une vingtaine sont jugés « hautement préoccupants » par l’Union européenne.

Quels sujets les inquiètent le plus ?

Parmi les sujets qui préoccupent le plus la population en Bretagne, quatre arrivent en tête de ceux considérés à risque élevé à très élevé pour la santé : les pesticides, le changement climatique, les perturbateurs endocriniens et les ondes électromagnétiques. Ces trois premiers sont de nouvelles thématiques suivies par le baromètre.

Le manque d’informations sur certains sujets et la perception du risque ne sont pas liés. Ainsi, le changement climatique est la thématique qui inquiète le plus après les pesticides mais c’est aussi celle pour laquelle les personnes se sentent le mieux informées. Le radon, à l’inverse, est le sujet le moins connu et est jugé à risque par moins de la moitié de la population.

La crainte d’être affecté par un problème de santé causé par l’environnement au cours de sa vie évolue avec l’âge des personnes interrogées et semble s’émousser chez les plus âgés. 44 % des 18-24 ans et 47 % des 26-34 ans jugent ce risque personnel plutôt élevé contre 25 % des 65-75 ans.

Quelle place prend la santé-environnement dans leur vie quotidienne ?

Dans le Baromètre santé environnement, une grande majorité des répondant.es déclare prendre davantage en compte la santé-environnement dans sa vie quotidienne qu’il y a 5 ou 10 ans. Cette part atteint 95 % des personnes se disant sensibles ou très sensibles à l’environnement contre 82 % pour celles se disant peu sensibles. Les femmes sont également un peu plus impliquées dans cette prise en compte dans leur quotidien (95 %) que les hommes (92 %). 

Pour ceux qui n'ont pas adopté de changement dans leur mode de vie, le principal frein est le manque de temps, cité 4 fois sur 10. Le manque d’argent, c’est-à-dire le coût associé au changement de comportement, est cité par 1 personne sur 10.

Quels sont les gestes de prévention les plus répandus en Bretagne pour protéger sa santé ?

Globalement, les Bretons et les Bretonnes sont déjà actifs pour améliorer la qualité de leur environnement et leur santé. En effet, la plupart des comportements évoqués lors de l’enquête (en lien avec la qualité de l’air, des aliments consommés, l’usage de produits éco-labellisés, etc.) sont largement répandus. L’aération quotidienne du logement pendant 5 à 10 minutes est quasiment généralisée. Plus de 8 personnes sur 10 cherchent à améliorer la qualité de leur alimentation en achetant des aliments issus de circuits courts, de l’agriculture biologique ou des aliments de qualité (certifiés Label rouge, AOP, etc.).

Si la prise de conscience progresse, elle est à nuancer. En effet, 44 % seulement des personnes interrogées se soucient des émissions polluantes lorsqu’elles achètent des matériaux de bricolage, de construction ou de décoration. Certaines caractéristiques sociodémographiques influencent les comportements individuels :

  • Pour l’aération quotidienne du logement, les moins attentifs sont les jeunes de 26-34 ans.
  • La consommation d’aliments issus de circuits courts ou de qualité (certifiés Label rouge, AOP, etc.) est moins répandue chez les jeunes de 18-25 ans, ainsi que chez les habitants des grandes unités urbaines de 20 000 habitants ou plus.
  • Les hommes sont moins enclins à utiliser les produits d'entretien, d'hygiène ou les cosmétiques naturels ou éco labellisés, de même que les jeunes de 18-25 ans et les ouvriers.
  • Les ouvriers et les hommes sont moins attentifs à limiter les contenants en plastique.

Preuve s’il en faut que les perceptions et les attitudes sont plurielles dans la population bretonne.

Que retenir ?

  • La majorité des Bretons et des Bretonnes se sentent concernés par l’environnement. Les jeunes sont de plus en plus sensibilisés, même si les personnes âgées restent les plus concernées.

  • La perception de risques environnementaux pour la santé a diminué depuis 2014, même si certains sujets continuent d’inquiéter, en particulier les effets des pesticides, du changement climatique et des perturbateurs endocriniens.

  • La population s’informe de plus en plus sur les sujets de santé-environnement. Mais finalement certains sujets sont bien connus (alimentation, climat) et d’autres moins (radon, perturbateurs endocriniens).

  • Une majorité des personnes interrogées a changé ses habitudes de vie (alimentation, qualité de l’air, etc.) pour protéger sa santé. Les comportements varient selon l’âge, le genre et le milieu social, montrant que tout le monde n’agit pas de la même façon. Et des freins au changement demeurent, notamment le manque de temps et parfois leurs coûts. 

photo Emmanuele Savelli
Emmanuèle Savelli
Cheffe de projet éditorial et vulgarisation
Pôle communication
02 99 35 45 83

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