Dernière mise à jour le : 12 juin 2020

Depuis 60 ans, l'évolution du littoral breton est majoritairement imperceptible

La frontière entre la terre et la mer n'est pas figée. Elle avance ou recule au cours du temps selon une chorégraphie orchestrée par le vent, la houle et les courants. Pour autant, en Bretagne, l'indicateur national de l'érosion côtière montre que depuis 1950 l'évolution du littoral reste majoritairement imperceptible.

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Avec ses 2 470 km de trait de côte, la Bretagne représente à elle seule un tiers du linéaire côtier métropolitain. Le Cerema [1] a mesuré l’avancée et le recul de ce long trait de côte : en 60 ans, l’évolution en Bretagne est en majorité imperceptible. Une faible portion du trait de côte a reculé avec l’érosion du littoral, et une autre, plus petite, a avancé [2]. Le littoral breton est donc moins exposé à l’érosion que celui des autres régions de France métropolitaine, comme les Hauts-de-France, la Normandie ou la Nouvelle-Aquitaine. Cela s'explique par une prédominance de côtes rocheuses et de falaises  (plus de 50 % du linéaire côtier de Bretagne). Elles sont plus résistantes à l’érosion marine que les côtes meubles, comme les plages. De plus, contrairement aux falaises normandes de craie, très friables, les falaises bretonnes sont principalement composées de matériaux granitiques, plus résistants.

[1] Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement.
[2] Ces chiffres peuvent varier selon la méthode utilisée. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a également effectué une mesure de l’érosion côtière à l’échelle de la Bretagne avec des études de terrain, et obtient un taux d’érosion de 14 % du linéaire côtier, pour tous types de côtes confondus.

UNE PLAGE SUR TROIS EN ÉROSION

La majorité des zones côtières en recul sont des plages : environ une plage sur trois s’érode. Les vitesses de recul sont variables, allant de 0,1 m/an à plus de 3 m/an selon les secteurs. Les changements les plus importants concernent les flèches littorales [3] comme le sillon de Talbert (Côtes-d’Armor), ainsi que les grandes plages ou dunes comme Tronoën dans le baie d’Audierne (Finistère), qui ont reculé respectivement de 50 m et de 60 m entre 1950 et 2010. Les plages encastrées entre deux pics rocheux, à l’abri du vent, sont à l’inverse plus épargnées. Certaines falaises meubles, plus sensibles à l’érosion que les falaises rocheuses, ont également subi un recul, notamment dans le nord de la Bretagne où le linéaire de falaises meubles est le plus étendu. C’est le cas de la rade de Brest, la baie de Lannion et la baie de Saint-Brieuc, Locquirec, Plougrescant, Pléneuf-Val-André, etc. Cette érosion côtière est engendrée par un ensemble de mécanismes météo-marins et accentuée par les activités humaines.

[3] Forme d'accumulation sédimentaire meuble (sables, graviers, galets) en bord de mer, qui bénéficie d'un point d'ancrage à la terre ferme sur l'une de ses extrémités seulement tandis que l'autre s'avance librement dans la mer.

DE FORTS ENJEUX

Sur les 6 % de littoral breton en recul, les enjeux sont nombreux, car la population et les activités humaines sont concentrées sur le bord de mer, et notamment le long des plages. Le recul du trait de côte accentue les risques de submersion marine lors de tempêtes (inondation temporaire de la zone côtière), menaçant les communes littorales qui cherchent aujourd’hui des solutions en aménageant différemment la zone côtière .

 

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Auteurs : Morgane Guillet (OEB)
Collaborateurs : François Hédou (Cerema), Amélie Roche (Cerema), Pierre Stéphan (UBO)
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