Dernière mise à jour le : 30 novembre 2020

L'évolution de la consommation d'énergie en Bretagne : quelles spécificités locales ?

La structure des consommations par produit et par secteur met en évidence des situations de quasi monopole. Ces situations n’évoluent qu’à la marge sur les deux usages majoritaires du territoire : la mobilité (92 % de produits pétroliers) et l’habitat (75 % de consommations électriques et de gaz).

L’énergie consommée sur les territoires peut être appréhendée de différentes façon : à travers les besoins des consommateurs par catégories, par usages mais encore par produit énergétique consommé par vecteur, par zone géographique, par période, etc.

L’étude des consommations énergétiques vise généralement à décrypter les tendances d’évolution structurelles ou conjoncturelles, les situations de dépendances mais également à évaluer l’impact des actions de maîtrise de l’énergie engagées.

 

24,6 MWh/habitant d’énergie consommée en Bretagne mais une empreinte énergétique 1,3 à 4 fois supérieure

La notion de consommation énergétique de la Bretagne, sur un plan quantitatif, n’a de sens que précisément circonscrite. Aussi, la consommation en Bretagne peut-elle se rapporter, aussi bien à l’énergie consommée sur le territoire Breton, qu’à la consommation d’énergie induite par les Bretons.

Sur le territoire régional, la consommation d’énergie finale corrigée du climat* s’établit à 81,8 TWh en 2019 et évolue très peu depuis 2000. Rapportée au nombre d’habitant en Bretagne, l’énergie consommée sur le territoire régional correspond à 27,7 MWh/habitant en 2000 et à 24,6 MWh/habitant en 2019.

Mais cet indicateur, s’il traduit une amélioration vraisemblable de l’efficacité énergétique des usages en Bretagne, n’indique pas, pour autant, une réduction des besoins énergétiques des bretons.

L’estimation des besoins énergétiques liés à nos modes de vie correspond au calcul d’un indicateur appelé « empreinte ». La consommation de ressources énergétiques, utilisées à des fins énergétiques, et générée par la demande intérieure (la consommation de biens et de services des ménages) en Bretagne est estimée à 31,7 MWh par breton et par an (source OEB, Exiobase 2011). Au total, c'est à dire sur l'ensemble des usages énergétiques et non énergétiques, on estime que chaque Breton puise l’équivalent de 91 MWh de ressources par habitant et par an (source OEB, Exiobase 2011). Environ 10% de cette consommation est située en Bretagne. Elle correspond notamment aux consommations d’énergie de chauffage du bâti résidentiel et aux consommations de carburants pour les déplacements de la population en Bretagne. La grande majorité soit environ 90% de l’empreinte énergétique, est délocalisée hors du territoire régional. Compte tenu des connaissances actuelles, il n’est pas possible d’évaluer l’évolution de l’empreinte énergétique des bretons ces dernières années.

 

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Une consommation en Bretagne basée à 64% sur les énergies fossiles et à 15% sur les énergies renouvelables

Trois vecteurs se partagent aujourd’hui, comme en 2000, la quasi-totalité du marché de fourniture d’énergie en Bretagne : le bois, l’électricité, le gaz et les produits pétroliers. Ils représentent 94% des consommations en 2018 (98% en 2000).  La diversification du mix de consommation est très lente et concerne aujourd’hui seulement quelques marchés de niche : biogaz, solaire thermique, agrocarburants.

Les produits pétroliers, sont la première source de consommation d’énergie en Bretagne. Les volumes consommés sont en baisse significative depuis 2000 (environ -20%) liée à baisse des consommations de l’ensemble des combustibles de chauffage : fioul domestique, fioul lourd, butane et  propane. Le marché des produits pétroliers se restreint désormais quasi exclusivement au segment des transports sur lequel ils ont un quasi-monopole. Compte tenu de l’importance des déplacements, l’essence et le gazole, représentent au fil des ans des consommations toujours très conséquentes en Bretagne. En proportion, ils représentent aux alentours de 35% des consommations en 2018 comme en 2000.

L’électricité est la deuxième énergie consommée en Bretagne. L’électricité gagne tous les ans des parts de marché malgré une situation de tension importante sur le réseau Breton liée au déséquilibre fort entre la demande et les capacités de production. La consommation d’électricité a augmenté de +23% depuis 2000. Son évolution s’est en fait nettement accentuée de 2000 à 2010 et tend à se stabiliser depuis. Le marché des solutions électriques profite des reports d’énergie de chauffage et plus récemment des efforts portés sur l’électromobilité.

Le gaz représente 16% des consommations bretonnes, soit la troisième énergie consommée en Bretagne. Tout comme l’électricité, le marché du gaz est également en croissance (+10% depuis 2000). Le réseau de gaz s’étend sur les territoires et se développe notamment sur des usages agricoles et industriels mais aussi résidentiels. Tout comme l’électricité, le marché du gaz se diversifie sur la mobilité pour offrir des alternatives énergétiques moins polluantes aux consommateurs.

Le bois énergie est une ressource locale traditionnellement fortement utilisée sur les usages énergétiques, thermiques notamment. On estime que le bois représente environ 6% des consommations en 2018.  Le bois énergie est une filière en forte dynamique sur les secteurs tertiaires et industriels. Sur le secteur résidentiel, les produits bois sont en forte mutation et propose des solutions de chauffage qui se développent de façon importante.

Compte tenu de l’état actuel de la situation énergétique en Bretagne, la situation de dépendance au pétrole reste très forte (64% des consommations en 2018) et la dépendance énergétique extérieure encore plus importante (90% des besoins en 2018) malgré le quasi doublement des renouvelables en proportion. A l’échelle infra régionale, le constat est identique quel que soit le territoire. Les spécificités éventuelles sur le plan énergétique concernent notamment à l’accès au réseau de gaz (à lier avec les futures données disponibles).

 

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Des besoins en Bretagne destinés à 40% à la fourniture d’énergie des infrastructures bâties

L’analyse des consommations d’énergie par secteur met en évidence trois sources de consommation d’énergie majeures en Bretagne : le bâti (quel que soit son usage), les déplacements et l’activité de production (Industrielle, agricole, maritime).

De manière générale, le bâti représente 40% des consommations réparties à 65% sur le bâti résidentiel et à 35% sur le bâti tertiaire. L’évolution des consommations par secteur est toutefois sensiblement différente. La consommation du bâti résidentiel est en baisse de 14% depuis 2000. Elle est en hausse légère (+4% depuis 2000) pour le tertiaire. Les consommations d’énergie liées aux infrastructures  restent encore fortement associée à la thermique du bâtiment. Sur ce dernier point,  le parc bâti en Bretagne a vraisemblablement amélioré son niveau de performance. On observe surtout une évolution importante des systèmes de chauffage lié à l’abandon des chaudières au fioul et au gaz de pétrole liquéfié

Les consommations liées aux déplacements représentent 36% du total en Bretagne en 2018. Elles ont évoluée sensiblement à la hausse depuis 2000 (+5%) et continuent à augmenter depuis 10 ans. Les déplacements individuels sont très intenses et associés à un parc véhicule extrêmement important quasi exclusivement thermique.  La très grande majorité des transports de marchandises sont également routiers, inféodés au pétrole et globalement à la hausse. Les alternatives en matière de vecteur énergétique commencent récemment à émerger en Bretagne avec un développement important des ventes de véhicules électriques mais aussi avec le développement de la distribution de GNV.

L’activité de production (industrie, agriculture et pêche) représente 24% des consommations d’énergie, dont 13% pour  le secteur de l’Industrie et 9% pour le secteur agricole. Ces consommations sont globalement en hausse, conséquences de la situation de croissance économique de ces 20 dernières années. Les consommations du secteur agricole et de l’industrie agro-alimentaire sont, de fait, en hausse avec notamment une forte évolution des consommations de gaz portées par les serres de production légumières (secteur de la tomate). Le secteur de la pêche, en crise, est, lui, moins gourmand en énergie qu’il ne l’était en 2000. On note toutefois une légère augmentation des consommations sur le secteur de la pêche de 2015 à 2018.

 

evolution-des-consommation-energie-en-bretagne-par-secteur

 

Auteurs : Thomas Paysant - Le Roux (OEB)
Collaborateurs : Nathalie Gibot (CRB), Yvon Ory (Dreal Bretagne) , Vincent Briot (Ademe)
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La consommation d'énergie finale en Bretagne par produit, secteur et ressource depuis 2000

La production d'un bilan énergétique territorial est un exercice d'aggrégation et de croisement de l'ensemble des flux de consommation et de production constatés afin d'établir un état des lieux précis de la situation énergétique d'un territoire dans le temps et dans l'espace.

Un bilan s'appuie généralement sur des indicateurs permettant d'établir des comparaisons inter-territoriales. Il fait l'objet d'une méthododologie rigoureuse pour l'affectation des données de consommation et de productions par secteur, par usage, et s'appuie à cet effet sur divers standards de comptabilité énergétique (énergie finale, correction climatique, industrie de l'énergie...).

Sur le périmètre régional "Bretagne", un bilan énergétique est effectué annuellement par l'Observatoire de l'Environnement en Bretagne. Cette datavisualisation en présente les principaux résultats.

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