L'éolien, première source de production électrique en Bretagne

Par Aliette Lacroix
en collaboration avec la DREAL Bretagne, le Conseil régional de Bretagne et l'ADEME
Mise à jour : 24 juillet 2026
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énergie
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Parc éolien en baie de Saint-Brieuc

La filière éolienne bretonne s’ouvre à de nouvelles perspectives avec la mise en service du premier parc en mer en 2023, ainsi que deux projets d’éolien flottant à horizon 2030-2035. Le développement de l’éolien terrestre reste dynamique, mais l’enjeu du renouvellement des mâts vieillissants est de plus en plus fort. Concernant l'éolien en mer, trois nouvelles zones sont également à l'étude pour un développement à horizon 2035-2050 : Bretagne Nord Ouest (éolien flottant), Bretagne Nord Est et Bretagne Grand Large (technologie non arrêtée pour ces projets). En 2025, la filière éolienne bretonne représentait 22 % de la production énergétique régionale, et 9 % de la production éolienne nationale.  

Éolien terrestre : quelles sont les évolutions récentes ? Où en est-on du renouvellement des parcs ?

Avec une croissance annuelle moyenne de 6 % (sur la période 2015-2025), l’éolien terrestre breton est en progression. Au 31 décembre 2023, 158 parcs éoliens terrestres étaient opérationnels en Bretagne, avec une moyenne de 5 mâts et 9 MW par parc. La puissance installée totale de la filière était de 1 490 MW (soit environ 30 % de la puissance électrique installée en Bretagne). L’éolienne moyenne bretonne mesure 123 mètres de haut et présente une puissance installée de 1,9 MW, permettant d’alimenter en électricité environ 1 500 habitants. 

Puissance (MW) ou production (GWh) ?

La puissance d'une installation, exprimée le plus souvent en MW (en kW pour des petites installations), traduit la capacité de production d'énergie instantanée théorique.

L'énergie est produite sur une période donnée.

Les deux notions sont liées par le rapport :

énergie (GWh) = puissance (MW) x temps de fonctionnement (heures) / 1000

Le facteur de charge

Le facteur de charge est le rapport entre l'énergie effectivement produite au cours d'une année par une installation, et l'énergie qu'elle aurait théoriquement pu produire si elle avait fonctionné à pleine puissance toute l'année. 

Les éoliennes ont un fonctionnement intermittent, dépendant des conditions de vent. Elles fonctionnent entre 15 % et 25 % du temps en équivalent pleine puissance, et tournent en réalité plus longtemps mais à puissance réduite. 

 

Infographie evolution des caractéristiques moyennes des éoliennes et du parc breton

 

Sur l'ensemble de l'année 2025, la production d’électricité de l'éolien terrestre breton a atteint 2 700 GWh. Au cours des dix dernières années, le facteur de charge moyen s’est situé entre 19 % et 25 %. Ce facteur de charge évolue en fonction de deux facteurs principaux :   

  • Les conditions de vent, variables d’une année à l’autre, sont le principal facteur de la variabilité de la productivité du parc d’une année à l’autre. L’année 2020 a été marquée par un record de productivité du parc éolien terrestre breton, avec un facteur de charge de 25 %. 
  • La modernisation du parc, et en particulier l’évolution de la hauteur moyenne des mâts, en hausse depuis le début des années 2000, permettent aux éoliennes de capter davantage de vent et ainsi de produire davantage d’électricité à puissance égale.

Afin d’analyser l’évolution de la production à climat constant, un calcul de lissage de la production est réalisé sur 5 ans, permettant de présenter une production « réelle » et une production « lissée » [1].

[1] conformément aux règles de normalisation établies par la Directive UE 2018/2001.

graph évolution du parc terrestre

 

Bien que la moitié du parc terrestre ait été mise en place au cours des dix dernières années, 38 % des éoliennes actuellement en service arriveront en fin de vie d’ici 2030. Le renouvellement des parcs, déjà engagé en Bretagne, et piste privilégiée de développement de l’éolien terrestre dans la PPE 3, va donc devoir se poursuivre.   

Depuis 2018, treize opérations de renouvellement ont été réalisées, sur des parcs construits entre 2000 et 2008. Elles ont permis de presque d’augmenter leur capacité de production de 50 %, avec une augmentation de puissance d’un tiers par parc en médiane (et +20 % sur la hauteur des mâts en moyenne). Presque tous les démantèlements d’éoliennes effectués en Bretagne à ce jour ont donné lieu à un renouvellement.

Opérations de renouvellement (« repowering ») 

Les opérations de renouvellement (aussi appelées « repowering ») sont définies comme le remplacement d’éoliennes en fin de vie par des éoliennes neuves, en général avec augmentation de puissance voire de hauteur de mât. Ces remplacements peuvent se faire sur le lieu de l’éolienne démantelée ou à proximité du site initial (voir circulaire relative à l’appréciation des projets de renouvellement des parcs éoliens terrestres).

 

Graph éolien terrestre : ancienneté du parc et puissance

La concentration des parcs éoliens est plus forte en centre Bretagne que dans le reste de la région, du fait d’une densité moindre de l’habitat.
 

Éolien terrestre en Bretagne

Changement climatique : le vent a-t-il tourné en Bretagne ?

Carte de l'évolution future des vents en bretagne dans une France à +4°C

 

Les données DRIAS de Météo France permettent d'obtenir des projections climatiques pour le nombre de jours sans vent (soit des vents avec une vitesse inférieure à 3 m/s ou 10,8 km/h).

La cartographie de la période de référence 1976-2005 nous montre une Bretagne avec en moyenne 165 jours annuels sans vent, avec une nombre de jours sans vent plus élevé dans l'est que dans l'ouest de la Bretagne. Dans un futur à +4°C en France (à l'horizon 2100 selon la TRACC), l'augmentation du nombre de ces jours est très faible et très variable : de -3 jours à +8 jours, soit de -2 % à +5 %. On ne peut donc déduire aucune tendance nette dans l'évolution du nombre de jours sans vent en Bretagne d'ici 2100.

L'éolien en mer, une filière émergente qui peut changer la donne pour la production électrique régionale

Les 62 éoliennes d'Ailes Marines, le premier parc en mer breton, au large de Saint-Brieuc, ont assuré en 2025 près de 23 % de la production électrique régionale. D’une puissance totale de 496 MW, le parc a produit 1 760 GWh, atteignant un facteur de charge (taux de fonctionnement en équivalent pleine puissance) de 40 %. Cette production représente environ deux tiers de la production éolienne terrestre régionale.

L'éolien en mer est amené à se développer de façon importante en Bretagne. D'ici 2035, deux nouveaux projets d’éolien flottant vont être déployés à l’ouest de Belle-Île-en-Mer : un premier parc de 250 MW développé par Pennavel (mise en service prévue pour 2031) et un second de 500 MW (2032-2034).
Pour la période 2035-2050, les cartes de déploiement de l'éolien en mer ont été publiées le 18 octobre 2024, par une décision du ministère du partenariat avec les territoires et de la décentralisation et du ministère de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques. Ces cartes présentent notamment plusieurs projets en Bretagne :

  • Bretagne Nord Ouest (BNO), au large de la Baie de Morlaix (éolien flottant, entre 1200 et 2000 MW) : ce projet sera intégré à un appel d'offres national (AO 10) regroupant plusieurs projets, qui sera lancé prochainement, avec un horizon de mise en service à 2035 ;
  • Bretagne Nord Est (BNE) et Roches-Douvres (RD), au large de Bréhat (4000 MW pour l'ensemble) : ces projets à l’intersection de deux façades maritimes seront concernés par une procédure de mise en concurrence, engagée dans un second temps, avec un horizon de mise en service à 2040. Roches-Douvres, situé sur la façade maritime Manche Est Mer du Nord (MEMN) sera géré par la Normandie, avec une association de la Bretagne notamment lors de la concertation. Pour Bretagne Nord Est (BNE), qui est réparti sur les façades Nord Atlantique Manche Ouest (NAMO) et Manche Est Mer du Nord (MEMN), la puissance totale prévue est de 2000 MW, dont au maximum 1000 MW seront implantés en MEMN ;
  • Bretagne Grand Large (BGL), au large de Ouessant, à préciser selon les études complémentaires, horizon de mise en service à 2050.

L’ensemble de ces projets devrait permettre d'atteindre une puissance installée totale pour l'éolien de 4780 à 6580 MW soit une multiplication par 3 à 4 de la puissance actuelle du parc éolien, terrestre et en mer cumulé (hors Bretagne Grand Large, pour lequel les estimations de puissance ne sont pas encore disponibles). La puissance totale installée est actuellement de 4,2 GW en Bretagne, toutes filières de production électrique confondues.


 

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Aliette Lacroix
Cheffe du pôle climat & ressources | Cheffe de projet énergie - GES
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Nicolas Mahé
Chargé de mission données énergie - biomasse
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