Dernière mise à jour le : 21 avril 2020

Echouages d'algues vertes sur le littoral breton : analyse de l'évolution annuelle depuis 2002

Le développement et l’échouage de quantités importantes de macro-algues sur le littoral dépendent de plusieurs facteurs qui doivent être simultanément réunis pour que le phénomène advienne. De façon globale et qualitative, on peut distinguer 1/ les facteurs chimiques (apport d’éléments nutritifs – azote, phosphore – par les eaux continentales), 2/les facteurs physiques (température, ensoleillement et faible turbidité, un confinement hydrodynamique des eaux (faible dilution des nutriments et confinement des algues dans la zone favorable à leur croissance), 3/la présence de type biologique répondant à ces conditions de croissances.

Le Centre d'étude et de valorisation des algues (CEVA), décrit trois types de proliférations d’ulves : prolifération « à ulves dérivantes », « sur vasières » et « d’arrachage ». Les baies bretonnes, et notamment les huit baies du plan gouvernemental algues vertes, sont concernées par des proliférations de type « marées vertes à ulves dérivantes ». Les caractéristiques de ces « marées » sont les suivantes :

  •     elles se déroulent au niveau de baies sableuses en eaux côtières,
  •     elles présentent un cycle annuel de développement se déroulant quasi exclusivement sous forme dérivante, par multiplication végétative,
  •     elles engendrent de fortes productions de biomasse avant échouage en haut de plage,
  •     elles présentent des échouages mono spécifiques, constitués quasi exclusivement de l’algue responsable du bloom, laquelle est généralement une ulve,
  •     elles ont un développement sous contrôle direct de la qualité de l’eau, sans qu’interviennent d’autres facteurs de limitation ou de compétition que ceux liés à la lumière, à la température et aux éléments nutritifs.

Analyse interactive des données de surveillance

Ce tableau de bord propose une analyse interactive des données relatives aux suivis des échouages d'ulves, aux échelles géographiques pertinentes.Les différents éléments graphiques proposent des informations complémentaires lors de survol avec la souris (info bulle) ou des zones cliquables qui permettent d'affiner les résultats proposés.

 

 

Contexte réglementaire

Le SDAGE Loire-Bretagne 2016-2021 précise dans sa mesure 10A-1 que « les SAGE possédant une façade littorale sujette à des proliférations d'algues vertes établissent un programme de réduction des flux de nitrates de printemps et d'été parvenant sur les sites concernés » ;
Le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes (2010-2015) a été annoncé le 5 février 2010 par les ministres chargés de l'environnement et de l'agriculture pour accompagner la gestion des algues vertes sur le littoral breton et prévenir leur prolifération. Le plan s’articule autour de trois grands types d’actions : l’amélioration des connaissances, le ramassage et le traitement des algues, et enfin des actions préventives. Le plan s’appuie sur une approche territoriale des bassins versants des huit baies bretonnes les plus concernées : la Fresnaye, Saint-Brieuc et Lieue de Grève (Côtes-d’Armor), Douron, Horn-Guillec, Quilimadec, Douarnenez et Concarneau- baie de la forêt (Finistère) ;

  •     En Bretagne, neuf bassins versants font l’objet depuis 2007 d'un plan d’action spécifique au titre du contentieux « eaux brutes » qui avait été engagé avec la Commission Européenne pour utilisation d’eau brute non conforme pour la production d’eau potable ;
  •     Les trois plans d'action pour le milieu marin : « mers celtiques, golfe de Gascogne et Manche-mer-du Nord » lesquels renvoient aux dispositions des SDAGE ;
  •     L’engagement 66C du Grenelle de la mer (juillet 2009) qui comporte le retour à des concentrations en nitrate à l'exutoire des cours d'eau comprises entre 10 et 25 mg/l ainsi qu'une réduction de 40 % des flux de nitrates à l'horizon 2012- 2014 ;
  •     La conférence environnementale des 21 et 22 septembre 2013 qui a affirmé l'objectif de faire disparaître au niveau national et pas uniquement en Bretagne, la prolifération des algues vertes d'ici 10 ans.

Sources des données

Depuis 2002, le Centre d'étude et de valorisation des algues (CEVA) effectue des survols réguliers du linéaire breton, mesure sur photos aériennes les surfaces de dépôts par site, prélève des algues sur la saison afin de déterminer leurs indices nutritionnels (évaluation des contenus azotés et phosphorés dans les algues), évalue sur certains sites la biomasse échouée et située plus au large.

Methodologie de suivi :

  • l’ensemble du linéaire est suivi despuis 2002 et depuis 2007 avec la même méthodologie– 3 survols par an (mai, juillet, septembre) : sur ce linéaire 93 sites sableux ont été classés depuis 2007 comme touchés au moins une fois par des échouages d’ulves,
  • 29 sites sableux en suivis renforcé depuis 2002 – 7 survols par an (avril à octobre : un inventaire par mois)

L’analyse des données issues de ce suivi permet de percevoir les évolutions à l’échelle de l’ensemble du linéaire depuis 2002. Ces travaux permettent d’analyser le fonctionnement d’un site et de comprendre les dynamiques de prolifération, de distinguer et d’apprécier les évolutions saisonnières et inter-annuelles, ainsi que d’effectuer des travaux de modélisation (données indispensables au calage des modèles).

Les données utilisées dans ce tableau de bord ont été fournies par le Centre d'étude et de valorisation des algues (CEVA).

Sur l’ensemble des 95 sites sableux en Bretagne classés au moins une fois pour des échouages d’ulves entre 2002 et 2019

  • Récapitulatif des surfaces maximales et cumulées (3 inventaires) par site depuis 2002 (années antérieures comportent des dates d’inventaires différentes : mai, juillet, août puis octobre)
  • Cartographie des couvertures « statistiques » par les ulves qui permet de visualiser les secteurs du site sur lesquels les dépôts sont statistiquement les plus importants.

Précision sur la fabrication de cette carte : les polygones tracés depuis 2002 sur les 3 dates d’inventaires (mai, juillet et septembre) sont superposés. Des mailles carrées de 75 m de côté sont créées et sont calculés, pour chaque maille les taux moyens de couvertures par les ulves, ce qui permet d’illustrer la fréquence et l’intensité des couvertures pour chaque maille.

 

Sur les 29 sites sableux qui font l’objet d’un suivi renforcé (7 inventaires annuels)

  • Récapitulatifs des surfaces mesurées par site et par inventaire depuis 2002 (données comparables depuis 2002 disponibles).

Les données utilisées dans ce tableau de bord ont été fournies par le Centre d'étude et de valorisation des algues (CEVA).

Sur l’ensemble des 95 sites sableux en Bretagne classés au moins une fois pour des échouages d’ulves entre 2002 et 2019

  • Récapitulatif des surfaces maximales et cumulées (3 inventaires) par site depuis 2002 (années antérieures comportent des dates d’inventaires différentes : mai, juillet, août puis octobre)
  • Cartographie des couvertures « statistiques » par les ulves qui permet de visualiser les secteurs du site sur lesquels les dépôts sont statistiquement les plus importants.

Précision sur la fabrication de cette carte : les polygones tracés depuis 2002 sur les 3 dates d’inventaires (mai, juillet et septembre) sont superposés. Des mailles carrées de 75 m de côté sont créées et sont calculés, pour chaque maille les taux moyens de couvertures par les ulves, ce qui permet d’illustrer la fréquence et l’intensité des couvertures pour chaque maille.

 

Sur les 29 sites sableux qui font l’objet d’un suivi renforcé (7 inventaires annuels)

  • Récapitulatifs des surfaces mesurées par site et par inventaire depuis 2002

Traitement des données

Surfaces couvertes moyenne (carte) sur la période 2002-2019

Intérêt de cette représentation : la moyenne annuelle des surfaces couvertes rend compte du phénomène de prolifération sur l’intégralité de la saison. La moyenne pluriannuelle lisse les fluctuations liées aux conditions climatiques de l’année

Analyse par site

  • Surface moyenne interannuelle = moyenne (surface moyenne observée sur les 3 ou 7 inventaires annuel)
  • Analyse par entité géographique
  • Surface d’échouage moyenne interannuelle = Somme (Surface moyenne interannuelle) pour les sites concernés.

Evolution interanuelle de la surface couverte

Intérêt de cette représentation : cette représentation permet de quantifier de façon objective l’évolution du phénomène. Elle rend compte de l’importance de la prolifération par année, information qui peut ensuite être mise en relation avec les conditions climatiques de l’année.

Analyse par entité géographique - moyenne - (indice base 100 en 2002)

  • Surface d’échouage moyenne annuelle = Somme (Surface moyenne interannuelle) pour les sites concernés
  • Traitement en indice base 100 – année de référence 2002
  • Indice base 100 =  (Surface d’échouage moyenne année n/ Surface d’échouage moyen année de référence )*100
  • Evolution sur la période 2002 > année n
  • Indice base 100 de l’année n – 100

Analyse par site

  • Surface cumulée : Somme des surfaces observées sur les 3 ou 7 inventaires annuels
  • Surface maximale annuelle : Surfaces d’échouages maximales observée lors des x inventaires
  • Surface moyenne annuelle : Moyenne des surfaces observées sur les 3 ou 7 inventaires annuel  
  • Surface moyenne interannuelle : moyenne (surface moyenne annuelle)

Evolution interanuelle par saisons - Cumul des surfaces couvertes

Intérêt de cette représentation : comprendre la dynamique des proliférations et échouages d’ulves. Un échouage précoce en début de saison indique a priori un report important des stocks de l’année précédente .Cela se rencontre à la suite de proliférations importantes d’une année (surface en octobre n-1 importante), d’autant plus si l’hiver a été peu dispersif. Une prolifération qui se maintient à un niveau élevé en fin de saison (août septembre) indique des conditions nutritionnelles qui demeurent suffisantes au cours de l’été donc un niveau de saturation du site part les éléments nutritifs a priori plus important que sur un site dont les surfaces déclinent durant l’été. Ces analyses sont par ailleurs confortées par l’exploitation des données d’indices nutritionnels des sites qui montrent cette saturation par les éléments nutritifs (azote) ou au contraire la limitation éventuelle de la croissance des algues.

Analyse par entité géographique et par site

  • Cumul (avril/mai) = somme (surface cumulée annuelle (avril-mai - 2_inv)) pour les sites concernés
  • Cumul (aout/septembre) = somme (surface cumulée annuelle (aout-septembre - 2_inv)) pour les sites concernés
  • Cumul (avril-octobre) = somme (surface cumulée annuelle (avril-octobre - 7_inv)) pour les sites concernés

   

Evolution mensuelle des surfaces couvertes (Moyenne 2002-2019)

Intérêt de cette représentation : rend compte de la dynamique « type » du phénomène d’échouage sur un site ou un secteur

Analyse par entité géographique et par site

  • Moyenne des surfaces observées par mois depuis 2002.

   

Carte statistiques de couvertures d'ulves

Intérêt de cette représentation : permet de visualiser les secteurs du site sur lesquels les dépôts sont statistiquement les plus importants. La position des dépôts dépend des conditions locales de croissance mais aussi de la courantologie qui va potentiellement échouer les algues (ou les maintenir en rideau) en un lieu différent du lieu de croissance. Ces données sont primordiales pour la modélisation du phénomène car la position des algues induit des richesses nutritionnelles plus ou moins élevées ainsi que des temps d’émersion/immersion plus ou moins longs.

Analyse par site

  • Pourcentage de couverture pluriannuelle : le pourcentage de couverture instantanée de la maille, moyenné sur le nombre d’inventaires et d’années concernés par le suivi.

Auteurs : Elodie Bardon (OEB)
Collaborateurs : Sylvain Ballu (Ceva)
Organisme Associé

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Campagne de mesures de la qualité de l’air - Port du Légué – Saint Brieuc (22) : Campagnes de mesures 2019

Chaque année, les côtes bretonnes sont touchées par les échouages d’algues vertes. C’est le cas notamment de la Baie de Saint-Brieuc qui a d’ailleurs enregistré en 2019 des échouages plus précoces et plus importants que les années précédentes. Dans ce contexte, Air Breizh réalise depuis 2017 des mesures de la qualité de l’air dans ce secteur à la demande de Saint-Brieuc-Armor-Agglomération, avec le soutien financier et l’appui technique de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Pendant toute la campagne de mesures, de juin à septembre 2019, les concentrations sont restées inférieures à la valeur guide sanitaire de 150 µg/m3 sur 24h définie par l’OMS. En revanche, les mesures confirment que ce secteur de l’embouchure est particulièrement touché par les nuisances olfactives. La valeur guide de nuisances olfactives définie par l’OMS a été régulièrement dépassée pendant la campagne.

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