Dernière mise à jour le : 29 juillet 2019

Indices biologiques : analyse de l'évolution de la qualité des cours d'eau bretons depuis 2007

L'évaluation de la qualité biologique des eaux douces superficielles s'effectue par l’analyse des organismes fixés ou libres vivant dans les cours d’eau. Quatre indices biologiques, l’indice macro-invertébré (IBGN), l’indice macrophyte (IBMR), l’indice poisson (IPR) et les diatomées (IBD), permettent la caractérisation de l’état biologique (structure et fonctionnement) des écosystèmes aquatiques, en application de la Directive cadre européenne sur l’eau. Ces indicateurs, ou « éléments » biologiques, sont combinés à la qualité physico-chimique du cours d’eau afin d’évaluer l’état écologique de la masse d’eau.

Cette datavisualisation propose une analyse interactive des données relatives aux suivis des paramètres biologiques en eau de surface, aux échelles géographiques pertinentes. Les différents éléments graphiques proposent des informations complémentaires lors de survol avec la souris (info bulle) ou des zones cliquables qui permettent d'affiner les résultats proposés.

 

 

Contexte réglementaire

Un certain nombre de méthodes basées sur la recherche d’organismes ou d’un ensemble d’organismes susceptibles de réagir de façon plus ou moins sélective aux perturbations du milieu, appelés bio-indicateurs, existent. Elles sont actuellement normalisées (Afnor) et utilisées en routine dans le cadre de l’évaluation de l’état écologique des eaux. Elles conduisent à l’établissement d’une note indicielle assortie d’un code couleur à 5 classes. Ces méthodes permettent d’établir un diagnostic de la pollution des eaux ou d’une dégradation de l’habitat en comparant une situation observée à une situation de référence (milieu peu ou pas anthropisé). Ces méthodes permettent d’établir la composition floristique et faunistique des cours d’eau et de mesurer les effets des perturbations sur ces peuplements, soit un écart à la référence.

L’indice biologique global normalisé (IBGN / IBGN-NF T90-350 de mars 2004)

Les macro-invertébrés benthiques sont des organismes plus ou moins polluo-sensibles, qui témoignent de la qualité de l’eau (charge en matière organique principalement) et de la qualité et diversité des habitats d’un cours d’eau.
Les nouveaux protocoles DCE permettent de recalculer un IBGN dit « théorique ». Ces protocoles ont été mis en place à partir de 2007, en vue de se rapprocher des méthodes standards européennes et de permettre la continuité des chroniques de données qui jusque-là sont exprimées par l’IBGN.
Les limites de classes à prendre en compte sont celles de l’arrêté du 27 juillet 2015 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 - ARMORICAIN HER 12A et 12B (tous types).
La méthode de l’Indice Biologique Global Normalisé.

L’indice biologique diatomées (IBD / norme Afnor NF T90-354 / décembre 2007)

Les diatomées sont des algues brunes siliceuses microscopiques qui colonisent les différents substrats présents dans le lit des cours d’eau. L’IBD permet d’analyser la composition floristique d’une station donnée en prenant en compte la densité relative des espèces et leur sensibilité aux pollutions, (origine organique ou minérale).
L’IBD prend en compte la présence ou non d’espèces sensibles à la pollution et leur variété. Il est l’indice de qualité de l’eau par excellence, ces micro-algues étant très sensibles aux pollutions notamment organiques, azotées et phosphorées.
Une note indicielle, comprise entre 0 et 20, exprime la qualité globale de l’eau. Les limites de classes à prendre en compte sont celles de l’arrêté du 27 juillet 2015 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 - ARMORICAIN HER 12A et 12B (tous types).

L’Indice biologique diatomées, récemment révisé, comporte 1478 taxons dont 476 synonymes anciens et 190 formes anormales. Ce sont donc 812 taxons de rang spécifique ou infra-spécifique qui sont pris en compte par le nouvel IBD. Il reste peu de taxons présents sur le réseau métropolitain à ne pas être pris en compte par l’IBD.
L'Indice de Polluosensibilité Spécifique (IPS) mis au point par l’Irstea (anciennement Cemagref) est un indice fondé sur la pondération "abondance-sensibilité spécifique". Il présente l'avantage de prendre en compte la quasi-totalité des espèces présentes dans les inventaires. Il a été utilisé en routine durant plusieurs années et de nombreux auteurs ont noté sa bonne corrélation avec la qualité physico-chimique de l’eau.
Les limites de classes très bon/bon et bon/moyen ont été validées lors de l’exercice européen d’inter-étalonnage et figurent dans la décision de la commission publiée le 10.12.08. Elles s’imposent aux États-membres.

L’indice poisson rivière (IPR / norme Afnor NF T90-344 / 2004)

Le poisson, organisme intégrateur par excellence puisqu’il se situe en bout de la chaîne alimentaire, apparaît comme un très bon indicateur de l’ensemble des perturbations du milieu. Les populations sont recensées lors de pêches électriques et le suivi de leur démographie constitue l’IPR correspondant à l’écart entre le peuplement observé et un peuplement de référence (peuplement théorique d’un cours d’eau de même type en l’absence de perturbations anthropique). L’IPR est normalisé.
Une note indicielle, comprise entre 0 et 150, exprime la qualité globale du milieu aquatique.
Les limites de classes à prendre en compte sont celles de l’arrêté du 27 juillet 2015 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 - ARMORICAIN HER 12A et 12B (tous types).

L'indice biologique macrophytique en rivière (IBMR - norme Afnor NF T90-395 / 2003)

Les macrophytes représentent le peuplement végétal aquatique visible à l'œil nu. L’IBMR traduit préférentiellement le degré trophique de la rivière, à savoir sa charge globale en azote et phosphore qui constituent les véritables facteurs limitants de leur développement. Les principaux groupes observés sont les algues, les bryophytes, les phanérogames, les hétérotrophes et les ptéridophytes. Une note indicielle, comprise entre 0 et 20, exprime la qualité globale du milieu aquatique.
Les limites de classes à prendre en compte sont celles de l’arrêté du 27 juillet 2015 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 - ARMORICAIN HER 12A et 12B (tous types).

 

Sources des données

Les données utilisées dans ce tableau de bord interactif sont issues :

  • de la  BD OSUR, plateforme d’accès aux données brutes de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne – supports : 4 | Poissons, 8 | Bryophytes, 10 | Diatomées benthiques, 11 | Phytoplancton, 13 | Macroinvertébrés aquatiques, 27 | Macrophytes, tous sites et dispositifs de collecte confondus
  • de la BD de l'AFB –  IPR, tous sites et dispositifs de collecte confondus.

L'intégralité de l'historique des données est reprise à chaque mise à jour afin que les résultats proposés dans les tableaux de bord intègrent les corrections apportées par les producteurs dans la base de données. Des évolutions dans l'historique des résultats sont donc possibles d'une année sur l'autre.

 

Représentation des résultats

Pour chacune des stations, chaque indice biologique est représenté par une classe de qualité (très bon, bon, moyen, médiocre, mauvais) définie conformément aux exigences de la DCE.
Les classes de qualité (code couleur - valeurs seuils) à prendre en compte sont :

Pour l’indice biologique global normalisé (arrêté du 27 juillet 2015)

Hydroécorégion HER 12A

  • Très bon état IBGN = 15 (bleu) ;
  • Bon état  15 > IBGN = 13 (vert) ;
  • État moyen 13 > IBGN = 9 (jaune) ;
  • État médiocre 9 > IBGN = 6 (orange) ;
  • Mauvais état < 6 (rouge).

Hydroécorégion HER 12B

  • Très bon état IBGN = 16 (bleu) ;
  • Bon état  16 > IBGN = 14 (vert) ;
  • État moyen  14 > IBGN = 10 (jaune) ;
  • État médiocre 10 > IBGN = 6 (orange) ;
  • Mauvais état < 6 (rouge).

Pour l’indice biologique diatomées (IBD - norme Afnor NF T 90-354 -2007 et arrêté du arrêté du 27 juillet 2015 pour les hydroécorégions HER12 A et 12 B (région Bretagne) :

  • Très bon état IBD = 16,4 (bleu) ;
  • Bon état 16,4 > IBD =13.8 (vert) ;
  • État moyen 13.8> IBD = 10 (jaune) ;
  • État médiocre 10> IBD = 5.9 (orange) ;
  • État mauvais IBD < 5.9 (rouge).

 Pour l’indice poisson rivière (IPR - norme Afnor NF T90-344 – Arrêté du 27 juillet 2015) :

  • Très bon état IPR =5 (bleu) ;
  • Bon état 16 = IPR >5 (vert) ;
  • État Moyen 25 = IPR >16 (jaune) ;
  • État Médiocre 36 = IPR > 25 (orange) ;
  • État Mauvais IPR > 36 (rouge).

Pour l’état biologique global, la classe d’état retenue pour une station est la classe d’état la plus déclassante entre les paramètres IBGN, IBD et IPR pour cette même station, sans valeurs seuils :

  • Très bon état (bleu) ;
  • Bon état (vert) ;
  • État moyen (jaune) ;
  • État médiocre (orange) ;
  • Mauvais état (rouge).

Pour l’indice macrophytes  (seuils en EQR (Ecological Quality Ratio)/ Niveau Trophique - 13.09 = note de référence pour l'HER 12 - arrêté du arrêté du 27 juillet 2015)

  • Très faible niveau trophique (bleu) ;
  • Faible niveau trophique (vert) ;
  • Niveau trophique moyen  (jaune) ;
  • Niveau trophique fort  (orange) ;
  • Niveau trophique très élevé (rouge).

 

Auteurs : Elodie Bardon (OEB)
Collaborateurs : Nathalie Danet (DREAL), Thibault Vigneron (AFB)

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