Dernière mise à jour le : 30 octobre 1988

Évaluation du risque écologique présente par l'introduction de l'algue japonaise Undaria pinnatifida dans la baie de Lampaul à Ouessant

DESCRIPTION

L'algue Undaria pinnatifida est utilisée au Japon, sous le nom de Wakamé, dans l'alimentation humaine. Elle sert essentiellement dans les soupes, les salades et en accompagnement de plats divers. L'espèce n'était connue jusqu'à ces dernières années que dans les mers du Sud-Est de l'Asie (Corée, Japon, Chine). En 1971, elle a été découverte dans l'étang de Thau, en Méditerranée. On pense généralement qu'elle y a été introduite accidentellement en même temps que le naissain d'huîtres importé d'Extrême Orient (Pérez et al. , 1981). L'espèce s'y est acclimatée et s'y reproduit naturellement chaque année. En 1981, les populations naturelles d'Undaria pinnatifida avaient franchi les limites du bassin de Thau et l'algue était signalée en milieu ouvert le long des digues du port de Sète. Une étude de la croissance de Undaria pinnatifida , à l'état sauvage, dans son nouveau site méditerranéen, a montré que son comportement y est semblable à celui de l'espèce en Corée et au Japon: les sporophytes (partie
visible de l'algue) apparaissent à l'automne dans le milieu naturel, la croissance est maximale en mars, l'algue se reproduit de mai à juillet et disparaît totalement à l'œil nu au cours du mois de juillet (Pérez et al., 1984). On sait, par des cultures en laboratoire, que l'espèce passe l'été sous un aspect microscopique (gamétophytes mâles et femelles), état pendant lequel se réalise la fécondation nécessaire à la reprise de la végétation à l'automne. L'ensemble du cycle de l'algue est représenté de manière schématique par la Figure 1. La technique de culture, imitée de celle des algoculteurs coréens et japonais, a été appliquée en France dans un but commercial (Pérez et al., 1984). Les auteurs ont ensemencé les collecteurs à partir de spores provenant de l'algue méditerranéenne, puis ils ont transporté, à partir de 1983, à titre expérimental, les cordelettes ainsi garnies de plantules, dans trois sites de l'Océan Atlantique: - dans l'estuaire de la Rance, au Nord de la Bretagne, - à l'île d'Ouessant, à l'Ouest, - et à l'île de Groix, au Sud. Cette expérimentation était fondée sur deux hypothèses des chercheurs d'IFREMER: 1- l'algue était susceptible de mieux se développer dans des eaux moins chaudes que celles de la Méditerranée, ce qui devait conduire à un meilleur rendement des cultures, 2- la reproduction de l'algue serait impossible dans les nouveaux sites naturels, du fait des températures relativement basses des eaux de l'Atlantique pendant l'été, période de la fécondation de l'algue, et de la faiblesse de la compétitivité de Undaria vis à vis des autres algues. Ceci, de l'avis des auteurs, rendait la dissémination de l'espèce hautement improbable sur ces côtes. Un rapport d'IFREMER (DRV/AQ N° 009, Paris, le 5 Avril 1985) concluait: " Au vu des observations réalisées depuis 15 ans sur les effets des transplantations, tant accidentelles que voulues, d'Undaria pinnatifida sur les côtes atlantiques françaises, il apparaît que la dissémination de cette espèce sur ces côtes est hautement improbable et, de plus, aisément contrôlable. En raison de l'intérêt économique substantiel de cette algue, les expériences de culture doivent être poursuivies" . C'est à la demande d'IFREMER et suivant les recommandations du Conseil International pour l'Exploration de la Mer que la présente étude a été entreprise. Elle avait pour but de vérifier les conclusions émises par les auteurs de la culture expérimentale d'Undaria en Atlantique, c'est à dire d'évaluer les risques écologiques présentés par l'introduction et le développement de la culture d'Undaria pinnatifida sur le site d'Ouessant. Le programme de cette étude comportait: - l'étude de l'impact des cultures existantes sur les écosystèmes naturels tant à Ouessant que dans les autres parties du monde où l'algue Undaria pinnatifida a été introduite, l'identification des compétitions interspécifiques susceptibles d'intervenir dans les processus de colonisation, - le suivi d'un éventuel cycle de reproduction d'Undaria sur le site d'Ouessant, - l'évaluation des capacités de propagation de l'algue selon les formes et les modes. Ce programme a été réalisé de deux manières complémentaires par: 1- une étude des peuplements, naturels et cultivés, d'Undaria pinnatifida dans les divers pays du monde où l'algue est connue (Japon, Corée, Chine, Méditerranée). Cette partie comportait une analyse systématique de la bibliographie de l'algue, un examen sur le terrain et la rencontre des experts étrangers. 2- un suivi sur le site d'Ouessant, seul site français autorisé pour la poursuite des essais de culture d'Undaria pinnatifida . Ce suivi comportait une prospection approfondie de la baie de Lampaul afin de vérifier qu'aucun pied d'Undaria ne s'était échappé du périmètre qui lui était assigné pour la culture expérimentale.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE DETAILLÉE

keyboard_arrow_right Titre : Évaluation du risque écologique présente par l'introduction de l'algue japonaise Undaria pinnatifida dans la baie de Lampaul à Ouessant
keyboard_arrow_right Type de documentation : Rapports
keyboard_arrow_right Auteur(s) personne(s) : Floc'h Jean-yves
keyboard_arrow_right Date de publication : 30 octobre 1988
keyboard_arrow_right Nombre de pages : 71 p.
keyboard_arrow_right Tags thématiques : algue, baie, espèce exotique
keyboard_arrow_right Mots-clés libres : rade
keyboard_arrow_right Localisation : OUESSANT
keyboard_arrow_right Langue : Français

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