- Calcul de l’empreinte eau : Insee (enquête budget des familles 2011 et 2017, population et valeurs ajoutées régionales 2011, 2018 et 2022), SISPEA (rendement de réseau et consommation domestique 2011,2018, 2022), Exiobase V 3.9.6 (données de commerce international et consommation d’eau par produit pour 2011, 2018 et 2022).
- Changement climatique dans le monde : synthèses régionales de l’atlas du GIEC (interactive-atlas.ipcc.ch/regional-synthesis).
Les besoins en eau des Bretonnes et Bretons sont avant tout liés à leur mode de vie : 94 % de leur consommation en eau provient indirectement de la production des biens et services qu'ils achètent. Par conséquent, une grande majorité de cette eau est consommée par l’économie à l'étranger (77 %), souvent dans des pays déjà vulnérables au changement climatique, c’est ce que montre leur “empreinte eau bleue”.
L’empreinte eau comptabilise l’utilisation d’eau par les Breton·nes dans leur logement, que l’on appelle consommation directe. Elle estime aussi la consommation d’eau indirecte. Il s’agit ici des consommations d’eau par les activités économiques sur tout le cycle de vie des biens et services destinés aux Breton·nes. La consommation d’eau s’entend ici au sens d’eau prélevée et non restituée au milieu rapidement et au même endroit : c’est de l’eau "perdue" pour le milieu local. L’empreinte eau présentée dans cet article se focalise sur la consommation d’eau bleue, c’est-à-dire des eaux de surface (lacs, cours d’eau) et souterraines.
- Comment est fait ce calcul ?
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Pour estimer les consommations d'eau à l'échelle du monde, nous utilisons une base de données de commerce international, qui retrace les échanges entre les différents pays du monde. Elle divise les achats de biens et services par les Bretons et Bretonnes en 200 types de produits et permet de retracer les consommations d'eau dans les pays ou elles ont lieu tout au long de leur cycle de vie.
La particularité de ce calcul et qu'il remonte jusque à l'origine des chaînes de production, même si le produit traverse de nombreux pays intermédiaire lors de sa fabrication.
Le calcul de l'empreinte eau de bretons est effectué selon une méthodologie développée à l'Observatoire de l'environnement en Bretagne. Pour plus d’information, consulter l'article "Évaluer l'empreinte environnementale d'un·e habitant·e avec Empreinte_Regionale".
La consommation indirecte
L'eau consommée par les Breton·nes directement chez eux représente 11 m3 par an et par habitant·e, mais ce volume ne représente en fait que 6 % de leur empreinte eau totale. En 2022, un·e Breton·ne moyen·ne a une consommation d’eau totale (directe et indirecte) de 189 m3 d'eau souterraine et de surface. 94 % de ce volume correspondent aux consommations indirectes pour leurs achats de biens et services en France et à l'étranger.
- Quel lien avec le volume de ma facture d’eau ?
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11 m3 de consommation domestique par an cela peut sembler peu. En Bretagne, 45 m3 sont distribué en moyenne au compteur de chaque foyer. Une part importante de cette eau (34 m3) est ensuite rejetée dans le milieu via l’assainissement. Ainsi, seuls 11 m3 sont réellement consommés au sens de l’empreinte eau, c’est-à-dire évaporés ou déplacé, donc perdu pour le milieu local.

La consommation à l'étranger
77 % de l'empreinte eau d'un·e Breton·ne moyen·ne sont consommés à l'étranger. Par exemple, l'empreinte eau d’un·e Breton·ne en Inde (12 m3) dépasse le volume consommé directement dans son logement (11 m3). La consommation d'eau à l'étranger a lieu dans des pays ou régions du monde souvent déjà soumis à des tensions sur leurs ressources et à des fortes sécheresses qui vont s'accentuer avec le changement climatique. Ceci fait peser un risque sur la disponibilité de l'eau dans ces pays, ainsi que sur l'approvisionnement en produits dont les Breton·nes dépendent.
La place de l'alimentation
La part la plus importante de l’empreinte eau d’un·e Breton·ne (39 %) provient de la fabrication de son alimentation à travers le monde. 74 % de cette eau, nécessaire pour l’alimentation, est consommée à l’étranger.
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