Dernière mise à jour le : 1 juillet 2018

Synthèse de l'état écologique des masses d'eau cours d'eau en Bretagne depuis 2006

Le bon état écologique est l'appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s'appuie sur des critères qui peuvent être de nature biologique (présence d'êtres vivants végétaux et animaux), physico-chimique ou hydromorphologique (pour l’atteinte du très bon état). Il est défini par la directive cadre sur l’eau 2000/60/CE (DCE) comme un objectif à atteindre pour toutes les eaux de surface.

Cette datavisualisation propose une analyse interactive des éléments de l'état écologique des cours d'eau bretons issus du dernier état des lieux des masses d'eau réalisé en 2013, ainsi que des précédents états des lieux depuis 2006. Il permet une analyse comparative entre térritoire, par éléments et aux échelles masses d'eau et stations de référence. Les différents éléments graphiques proposent des informations complémentaires lors de survol avec la souris (info bulle) ou des zones cliquables qui permettent d'affiner les résultats proposés.

 

 

Contexte règlementaire

La directive 2000/60/CE (DCE) établit le cadre de la politique communautaire dans le domaine de l’eau et définit les objectifs environnementaux à atteindre pour l’ensemble des eaux.
Pour les eaux de surface, l’objectif environnemental principal est le « bon état » des eaux au plus tard en 2015. Sous certaines conditions, l’échéance de 2015 peut être reportée pour une réalisation progressive des objectifs. L’échéance à laquelle le bon état devra être atteint est fixée dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage 2010-2015). Pour 61 % des cours d’eau, l’échéance est 2015, pour les autres c’est 2021 ou 2027.

Les masses d’eau (terme technique introduit par la DCE pour désigner une partie de cours d'eau, un plan d’eau ou un groupe de plans d’eau, un estuaire ou une portion du littoral, un espace d’eau souterraine) servent d’unité d’évaluation de l’état des eaux. L’état écologique doit être évalué pour les 372 masses d’eau de cours d’eau, 35 masses d’eau plans d’eau,  masses d’eau estuaires et 30 masses d’eau côtières présentes sur le territoire breton.

La DCE définit le « bon état » d’une eau de surface quand son état chimique et son état écologique sont au moins « bons ». L’état écologique intègre des paramètres biologiques, et des paramètres physico-chimiques et hydromorphologiques soutenant les paramètres biologiques, ainsi que des paramètres chimiques (polluants spécifiques). Il est représenté par 5 classes d’état (très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais).
La DCE ne définit pas précisément la nature et les valeurs-seuils de ces paramètres, cette définition revient à chaque État membre. L’homogénéité de l’évaluation de l’état écologique au sein des Etats membres est garantie par une intercalibration et/ou une normalisation des méthodes et outils mis en œuvre. En France, les éléments d’interprétation de la notion de bon état à prendre en considération sont définis par l’arrêté d’application du 25 janvier 2010 de l’article R.212-18 du code de l’environnement.

La DCE introduit :

  • L’obligation de mise en place de programmes de surveillance afin de suivre l’impact des plans de gestion et mesures mises en œuvre sur l’état des eaux de surface.
  • L’évaluation doit être réalisé au regard du seul fonctionnement biologique des systèmes aquatiques, et non plus par rapport aux différents usages (SeqEau). Les paramètres biologiques sont considérés au même titre que les paramètres physicochimiques.
  • L’état écologique est évalué par rapport à une situation de référence, qui correspond à des milieux peu ou pas perturbés dont les caractéristiques sont identifiées au sein des différentes hydro-écorégions et types de cours d’eau définis sur le territoire. L’état écologique est d’autant plus mauvais que les valeurs des paramètres biologiques s’éloignent de cette situation.

Remarque : Pour les masses d’eau fortement modifiées (MEFM), l’objectif de bon état écologique ne peut être atteint. Il est alors question d’atteindre un objectif adapté de bon potentiel écologique, qui tient aussi compte de la notion de continuité écologique. L’objectif de bon état chimique reste par contre valable.

 

Méthodes

Évaluation de l’état écologique d’une station de mesure

Les paramètres nécessaires à l’évaluation de l’état écologique sont :

  • Éléments biologiques : IBGN, IBD et IPR sur cours d’eau
  • Éléments physico-chimiques : nutriments, bilan de l’oxygène, T° et acidification.
  • Polluants spécifiques : une dizaine de substances – Polluants synthétiques spécifiques (Arsenic dissous, Chrome dissous, Cuivre dissous, Zinc dissous) et polluants non synthétiques spécifiques (Chloroturon, Oxadiazon, Linuron, 2,4 D, 2,4 MCPA).

Les paramètres physico-chimiques

Les limites de classes d’état pour les paramètres physico-chimiques sont celles définies par l’arrêté du 25 janvier 2010. La valeur retenue pour définir la classe d’état de chaque paramètre correspond au percentile 90 à partir des données acquises lors des deux dernières années. Les paramètres physico-chimiques sont regroupés en quatre éléments de qualité : bilan de l’oxygène, température, nutriments, acidification et salinité (pas de valeur établies à ce stade de connaissance pour les paramètres de ce dernier élément de qualité).
La classe d’état physico-chimique d’une station correspond à la classe la plus discriminante des éléments de qualité.

Assouplissement : une notion d’assouplissement intervient pour l’évaluation de ces éléments de qualité physico-chimiques généraux.
Un élément de qualité sera classé comme bon (ou très bon) si :

  • tous les éléments biologiques et physico-chimiques sont en bon ou très bon état,
  • un seul paramètre est déclassant pour l’élément de qualité considéré,
  • la valeur observée du paramètre déclassant reste au sein de la classe « moyen ».

Cet assouplissement n’est pas pris en compte sur le nitrate et les deux paramètres « oxygène dissous » et « taux de saturation en 02 dissous ». Ces deux derniers paramètres sont intimement liés et dépendants. Ils sont de ce fait considérés comme un seul paramètre pour appliquer les modalités d’assouplissement décrites ci-dessus afin d’évaluer l’état de l’élément qualité relatif au « bilan en oxygène ».
Dans ce cas, le paramètre physico-chimique déclassant est classé en état moyen et l’élément de qualité correspondant est classé en bon.

Les paramètres biologiques

Les limites de classes d’état pour les paramètres biologiques (IPR, IBG-IBGA, IBD) sont celles définies par l’arrêté du 25 janvier 2010. La valeur retenue pour définir la classe d’état correspond à la valeur moyenne par paramètre pour la période de deux années concernées. La classe d’état biologique d’une station correspond à la classe la plus discriminante des paramètres biologiques (toutes les précisions concernant les règles d’évaluation sont consultable sur le tableau de bord interactif qualité biologique).

L'état écologique

Selon les termes de la DCE, la règle d’agrégation qui s’impose est celle du principe de l’élément déclassant, au niveau de l’élément de qualité. Les rôles respectifs des éléments de qualité biologiques, physicochimiques (éléments physico-chimiques généraux et polluants spécifiques) et hydromorphologiques dans la classification de l'état écologique, sont précisés dans le schéma suivant :


La classe d’état écologique d’une station correspond à celle de l’élément le plus déclassant parmi les différents éléments de qualité biologiques et physico-chimiques. Cependant, le rôle de la biologie est prépondérant et l’évaluation de l’état peut être revue à la hausse en fonction de l’état biologique. En effet, si l’élément de qualité physico-chimique est classé « médiocre » ou « mauvais », c’est la classe d’état « moyen » qui sera retenue pour l’évaluation de l’état écologique. Ainsi, l’attribution d’une classe d’état écologique « médiocre » ou « mauvais » est déterminée uniquement par la valeur des éléments de qualité biologiques.

Évaluation de l’état écologique d’une masse d’eau à partir des stations de mesure

Les masses d’eau sont évaluées avec des mesures ou une simulation. Pour l’évaluation au titre de la DCE, seules les mesures des stations jugées représentatives de la masse d’eau sont concernées pour évaluer l’état de la ME. Une seule station est ainsi retenue par ME (sauf pour les masses d’eau très étendues, ce qui n’est pas le cas en Bretagne). Cette dernière doit être représentative de l’impact de la ou des pressions à l’origine du risque et de l’état à l’échelle masse d’eau. La qualification de l'état de la masse d'eau peut nécessiter une interprétation (dire d'expert par exemple). Elle ne reflète donc pas toujours la qualité de la (ou des) station(s) de suivi présente(s) sur la masse d'eau. Les masses d’eau évaluées en très bon état l’ont été par dire d’expert vis-à-vis des conditions hydromorphologiques.
Concernant les MEFM, l’évaluation du potentiel écologique est définie par une méthode mixte croisant les données milieux et une « démarche alternative » fondée sur les mesures d’atténuation des impacts. Les mesures nécessaires pour assurer la continuité écologique doivent être prises en compte si besoin.

Niveau de confiance

A chaque évaluation de l’état d’une masse d’eau est attribué un « niveau de confiance » qui peut être faible, moyen ou élevé. Ce niveau de confiance est déterminé en fonction de la disponibilité des données (chroniques, éléments de qualité biologique pertinents…), de la cohérence entre les résultats des indicateurs biologiques et physico-chimiques, et de la cohérence avec les pressions.

  • Niveau de confiance Élevé (3) : « tous les indicateurs disponibles »
    • robustes ou cohérents avec les pressions
    • un élément peut manquer, s’il n’est pas essentiel compte-tenu des pressions
  • Niveau de confiance Moyen (2) : « quelques indicateurs biologiques »
    • ou tous les indicateurs, mais peu cohérents entre eux ainsi qu’avec les pressions
  • Niveau de confiance Faible (1) : « pas de mesures biologiques »
    • Si l’état est estimé bon, il demeure une forte incertitude.

Les objectifs environnementaux

Les objectifs d’état des eaux sont fixés par le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et définis masse d’eau par masse d’eau selon les préconisations de la DCE (directive 2000/60/CE). Trois niveaux d’objectifs sont possibles :

  • le bon état ou bon potentiel en 2015 ;
  • un report de délai pour l’atteinte du bon état (2021 ou 2027) ;
  • un objectif moins strict que le bon état.

Le report de délai doit être justifié par des conditions naturelles, une faisabilité technique difficile et/ou des coûts disproportionnés. En Bretagne, les MEFM mises à part, aucun objectif moins strict n’a été fixé dans le Sdage 2010-2015.

La caractérisation des masses d’eau

La caractérisation des masses d’eau (appelée parfois caractérisation du risque ou état des lieux) est issue d’une analyse réalisée dans le document état des lieux réalisé en 2013.
L’analyse a pour but d’apprécier la capacité de chaque masse d’eau à respecter ou non les objectifs environnementaux à l’horizon 2021, dans le prolongement des politiques antérieures, le Sdage et son programme de mesures proposant des mesures supplémentaires pour atteindre les objectifs de la DCE. Cette capacité est définie pour différents paramètres représentatifs des principaux problèmes à l’atteinte du bon état, à savoir les nitrates, la morphologie, les pesticides, l’hydrologie, les macro et micro polluants.
 

AVERTISSEMENT :
Les résultats sont à prendre avec une très grande précaution car les réseaux de mesures sont encore en déploiement, les données sont incomplètes, la représentativité des points de mesures est à consolider et l’incertitude de la mesure biologique est mal prise en compte. De plus, lorsque les données ne sont pas disponibles, l’état est attribué avec des outils de simulation.
Ces résultats sont donc toujours à considérer avec les autres éléments de connaissance de la masse d’eau en particulier les éléments de la caractérisation du risque, surtout dans le cadre de la définition et mise en œuvre des actions. Pour en savoir plus : http://www.eau-loire-bretagne.fr/informations_et_donnees/outils_de_consu....

 

Sources des données

L’évaluation de l’état s’appuie sur les données « milieu » acquises à partir des réseaux établis dans le cadre de l’application de la DCE programme de surveillance qui comprend le réseau de contrôle de surveillance (RCS), le réseau de contrôles opérationnels (RCO), les contrôles d’enquête, mais aussi sur les données issues d’autres réseaux, dès lors que les sites de suivi sont représentatifs de l’état d’une masse d’eau et que les protocoles de prélèvement et d’analyse sont conformes à ceux prescrits dans le cadre des réseaux DCE (circulaire 2006/16 du 13 juillet 2006). L’évaluation de l’état s’appuie d’autre part sur des simulations ou des dires d’experts à partir de données sur les pressions pour les masses d’eau sans données milieu.

Une chronique de deux années est un minimum pour évaluer de manière relativement fiable l’état d’une masse d’eau. Cela permet de tenir compte de la variabilité naturelle des milieux, de la disponibilité des données, mais également de la récente mise en place des réseaux DCE.

Les données brutes utilisées pour l’évaluation de l’état sont accessibles via le site OSUR géré par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

Seules les stations représentatives des ME, évaluées par des mesures milieu sont prises en compte dans cette analyse.

Les données concernant les polluants spécifiques ne sont pas mentionnées. Cependant, ces éléments ne sont pas déclassant sur le territoire breton.

 

Cette vue interactive présente une évaluation détaillée de l’état écologique des stations de mesures représentatives des masses d’eau sur le territoire breton, selon une chronique de 2 années depuis 2006. Seules les stations ayant fait l’objet de mesures pour les éléments de qualité biologiques et physico-chimiques sont considérées.

Les classes d’état sont celles définies par l’arrêté du 25 janvier 2010 selon les méthodes de calcul et d’agrégation précisées précédemment, à savoir :

  • Très bon état (Bleu) ;
  • Bon état (Vert) ;
  • Etat moyen (Jaune) ;
  • Etat médiocre (Orange) ;
  • Etat mauvais (Rouge).

Pour chacune des stations suivies, une synthèse détaillée de l’état écologique est proposée pour les éléments de qualité biologiques et physico-chimiques (classe et indice pour l’ensemble des paramètres mesurés). Une synthèse détaillée de la masse d’eau représentée par la station considérée est également proposée (état écologique, objectifs environnementaux et caractérisation de la ME). Les classes d’état et code couleur sont ceux définis par l’arrêté du 25 janvier 2010 selon les méthodes de calcul et d’agrégation précisées précédemment, à savoir :

  • Très bon état (Bleu) ;
  • Bon état (Vert) ;
  • Etat moyen (Jaune) ;
  • Etat médiocre (Orange) ;
  • Etat mauvais (Rouge).

Concernant les résultats à la station, un indice variant de 0 à 100 est calculé pour chaque élément de qualité. Cet indice permet de situer la station pour l’élément de qualité :
Indice ; Classe d’état

  • 80 - 100 ; Très bon état
  • 60 - 79 ; Bon état
  • 40 - 59 ; Etat moyen
  • 20 - 39 ; Etat médiocre
  • 0 - 19 ; Mauvais état.

 

Auteurs : Elodie Bardon
Collaborateurs : Fabrice Craipeau (AELB)
Organisme Associé

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