Dernière mise à jour le : 7 novembre 2019

Décryptage des évolutions constatées sur le gisement de déchets ménagers et assimilés en Bretagne

Entre 2010 et 2016, le tonnage de déchets ménagers et assimilés en Bretagne a augmenté de 7 %. Cette hausse masque en fait une évolution des comportements des Bretons puisque le tonnage d'ordures ménagères a diminué quand les collectes en déchèteries ont augmenté. Simple effet de vases communicants ? Pas complètement. La réalité sur le terrain est plus subtile...

Une catégorie de déchets complexe à gérer

« Les déchets municipaux représentent approximativement entre 7 et 10 % de la quantité totale de déchets produite dans l’Union européenne. Or, ce flux de déchets est l’un des plus complexes à gérer, et la manière dont il l’est donne en général une bonne indication de la qualité de l’ensemble du système de gestion des déchets d’un pays. Les défis liés à la gestion des déchets municipaux tiennent à la grande complexité et à la diversité de la composition du flux de déchets, au fait que les déchets sont produits à proximité immédiate des citoyens, à la très grande visibilité de cette question auprès du grand public et à son impact sur l’environnement et la santé humaine. La gestion des déchets municipaux nécessite dès lors un système hautement complexe, comprenant un mécanisme de collecte efficace, un système de tri efficace et un suivi approprié des flux de déchets, la mobilisation des citoyens et des entreprises, une infrastructure adaptée à la composition des déchets et un système de financement élaboré. Les pays qui se sont dotés d’un système efficace de gestion des déchets municipaux sont en général plus performants dans la gestion globale des déchets, y compris dans l’atteinte des objectifs de recyclage. »

(Extrait de la Directive (UE) 2018/851 du parlement européen et du conseil du 30 mai 2018 modifiant la directive 2008/98/CE relative aux déchets)

 

Le geste « jeter » a évolué

Depuis 2010, le geste « jeter » a évolué en Bretagne : la production d’ordures ménagères résiduelles (OMR) a baissé (- 41 kg/hab, - 16 %) alors qu'inversement, le dépôt en déchèterie a bondi (+ 15 %, + 47 kg/hab). L’ensemble de ce processus de collecte est géré par le service public de gestion des déchets : 57 collectivités territoriales exerçant la compétence collecte en 2017 et 24 structures publiques exerçant la compétence traitement.

 

 

Plus de déchets végétaux

On notera particulièrement l’augmentation de 30 kg/habitant entre 2010 et 2016 des végétaux pour représenter aujourd’hui 44 % des tonnages collectés en déchèterie et 24 % des DMA. Autre caractéristique de ce flux, sa variabilité interannuelle liée aux conditions météorologiques (augmentation de 10 % entre 2013 et 2014 puis baisse de 5 % entre 2014 et 2015). On retrouve ce gisement important de végétaux dans les autres régions de France bordant l’Atlantique et la Manche.

 

Un très bon ratio de collecte des recyclables secs

La collecte sélective des recyclables secs (emballages et journaux-magazines), au cœur du système, représentent en 2016, 8 % du gisement DMA. La Bretagne dispose d’un très bon ratio de collecte pour ce flux avec 55 kg collectés par habitant en 2016 contre 47 kg par habitant au niveau national (donnée Sinoe 2015). Sur la période 2010-2016 ce ratio a augmenté de 4 kg/habitant (moins de 10 % de hausse sur 7 ans). Si son évolution est plus limitée, cette collecte connait néanmoins des changements importants avec notamment une augmentation des plastiques triés, liée à la mise en place d’opérations d’extension des consignes de tri. En permettant le dépôt des sacs, sachets, films plastiques, pots, boîtes et barquettes (tous les plastiques dans la « poubelle jaune »), ces extensions concernent des matériaux légers qui impactent plus le volume que le tonnage collecté.


 

Une baisse des papiers

Autre changement notable, une baisse du tonnage trié de papiers liée à la baisse du gisement et au détournement par des collectes parallèles (source Citéo).

En Bretagne en 2016, environ 85 000 tonnes de matériaux triés issus des emballages ont été envoyées vers des filières de recyclage. Les cartons représentent la part la plus importante de ces matériaux avec 64 % suivi par les plastiques avec 23 %. Cette répartition est proche de la moyenne nationale.

 

Moins de refus de tri en Bretagne

Autre fraction issue du tri, les refus de tri. Il s’agit de matériaux ne pouvant rejoindre des filières de valorisation et qui par conséquent doivent être éliminés via les mêmes filières que les ordures ménagères résiduelles (incinération ou enfouissement). Le taux moyen de refus en sortie de centre de tri pour la Bretagne est de 13 %. Celui-ci est nettement inférieur au taux moyen national (16 %).

L’organisation de collecte impacte notablement le taux de refus. Logiquement les collectivités ayant mis en place l’extension des consignes de tri ont un taux de refus plus faible les plastiques refusés hier étant acceptés aujourd’hui. L’éco-organisme Citéo identifie également une influence du mode de collecte où une organisation en apport volontaire est associée à un taux de refus plus faible.

 

Concernant la collecte des recyclables secs, 2 textes fixent des orientations pour les années à venir :

  • L'article L. 541-1 du code de l’environnement  fixe l’objectif de 100 % du territoire desservie par des consignes de tri élargies à l’ensemble des emballages plastiques avant 2022
  • L’article 80 de la loi TECV, pour contribuer à l'efficacité du tri, invite les collectivités  à veiller à l’harmonisation, d’ici à 2025, des modalités de collecte séparée des déchets d’emballages et de papiers.

Mieux comprendre

 Pour connaître les consignes de tri, là où vous habitez, rendez-vous sur www.consignesdetri.fr

 

La collecte du verre est stable

Le ratio de collecte du verre est, quant à lui, globalement stable en Bretagne depuis 2010 avec 46 kg par habitant représentant 7 % de verre du gisement DMA. Le tonnage collecté a augmenté, avec la composante augmentation de la population de 6 800 tonnes sur cette période pour atteindre 150 700 tonnes collectées en 2016.

 

Le tri des biodéchets encouragé

Dernier rouage du mécanisme de collecte, la gestion des biodéchets. L’article L. 541-1 du code de l’environnement fixe l’objectif de 100 % des producteurs de déchets disposant, avant 2025, d’une solution leur permettant de ne pas jeter les biodéchets dans les ordures ménagères résiduelles, afin que ceux-ci ne soient plus éliminés, mais valorisés (compostage ou collecte sélective). Le tri à la source des biodéchets issus des déchets alimentaires a été encouragé depuis une quinzaine d’années en Bretagne par la majorité des collectivités bretonnes via des opérations de communication, la fourniture de composteurs individuels et/ou collectifs, la fourniture de lombricomposteurs, etc. Parallèlement, en 2016, 2 collectivités proposent aux gros producteurs professionnels une collecte en porte à porte des biodéchets et 2 collectivités proposent ce type de collecte aux ménages.

 

Auteurs : Christophe Boué (OEB)

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