Dernière mise à jour le : 14 mai 2020

En 2027, 100 % des masses d'eau en Bretagne devront être en bon état

En 2019, l'Agence de l'eau Loire - Bretagne a fait un état des lieux de la qualité des eaux dans la région. Les résultats montrent une grande diversité de situations, certaines masses d'eau ayant déjà atteint l'objectif pour 2027 de « bon état » quand d'autres en sont encore loin.

Une eau en bon état est une eau qui permet une vie animale et végétale riche et variée, une eau exempte de produits toxiques, une eau disponible en quantité suffisante pour satisfaire tous les usages et toutes les activités humaines.

 

infographie état masse d'eau

Une situation encore très contrastée

En signant la directive cadre sur l'Eau en 2000, les États de l'Union européenne se sont engagés d'ici 2027 à ce que 100 % de leurs eaux atteignent le « bon état ». Tous les types d'eaux sont concernés : cours d'eau, plans d'eau, nappes souterraines, eau littorale et estuarienne.

Le bon état global d'une masse d'eau reflète le bon état de tous les paramètres qui la définissent. Ainsi une masse d'eau de surface est considérée en « bon état » si son état écologique et son état chimique sont tous deux au moins en « bon état ». Pour une masse d'eau souterraine, ce sont l'état chimique et l'état quantitatif qui doivent tous les deux être en « bon état ».

 

types_masses_eau_bretagne

 

Qu'est-ce qu'une masse d'eau ?

Pour évaluer l’état des eaux, les scientifiques utilisent la notion de « masse d’eau ». C’est un ensemble aquatique dont les caractéristiques (physiques, chimiques, biologiques) sont homogènes. Les masses d’eau regroupent des portions de cours d’eau, d’estuaires, de zones côtières ou de nappes souterraines ainsi que des plans d’eau. Selon la masse d’eau, on évalue l’état chimique, écologique (structure et fonctionnement des écosystèmes aquatiques) ou quantitatif.

 

Quels facteurs déclassent les masses d’eau ?

Les cours d’eau

32 % des 378 masses d'eau « cours d'eau » du sous-bassin « Vilaine et côtiers bretons » sont en bon état écologique, soit l’objectif fixé par le Sdage pour 2021 (31 %). 63 % des masses d’eau devront être en bon état ou bon potentiel en 2027, 37 % faisant l’objet d’un report d’objectif. Les trois quarts des masses d’ cours d’eau » bretonnes sont déclassées en raison (1) de leur mauvaise qualité biologique (74 %). Les indices de suivi des poissons, des microalgues et des macroinvertébrés ; et (2) des paramètres de qualité physicochimique qui sont  médiocres » ou « mauvais » pour 55 % des masses d’eau.

Les plans d’eau

6 % des 34 masses d’eau « plan d’eau » sont en bon état écologique et 79 % en bon état chimique. Le principal symptôme de leur dégradation est l’eutrophisation. Elle est due aux excès de nutriments, en particulier de phosphore, qu’ils soient apportés par les affluents ou déjà stockés dans les sédiments du plan d’eau.

Les eaux littorales

57 % des 56 masses d’eau littorales (estuaires et côtières) sont en bon état écologique et 59 % en bon état chimique. Les principales dégradations sont révélées par l’abondance d’algues majoritairement liées aux phénomènes de marées vertes et par les altérations de la population de poissons dans les eaux de transition. Par ailleurs, à l’embouchure de la Vilaine, la qualité de l’eau est dégradée par la présence de phytoplancton.

Les eaux souterraines

46 % des 24 masses d’eau souterraine sont en bon état chimique. Leur dégradation est principalement liée aux fortes teneurs en nitrates, surtout au nord de la Bretagne et sur le bassin de la Vilaine et aux pesticides. 100 % des masses d’eau souterraine sont en bon état quantitatif. Cependant, les nappes bretonnes restent des aquifères de petits volumes, particulièrement sensibles aux effets du changement climatique. Ainsi, les niveaux des nappes au cours de l’intense sécheresse de l’été 2022 (44 % des piézomètres en niveau « très bas » fin août 2022) montrent que la situation des réserves souterraines peut évoluer très vite lorsque le déficit de pluies efficaces se prolonge sur plusieurs mois.

 

Les masses d’eau ne pouvant atteindre le bon état en 2027 peuvent faire l’objet de dérogations, principalement en définissant des « objectifs moins stricts » sur certains éléments de qualité : ces masses d’eau sont tellement touchées par les activités humaines ou les conditions naturelles que l’atteinte des objectifs de bon état est jugée impossible ou d’un coût disproportionné. Cette dérogation est réexaminée tous les 6 ans et aucune dégradation supplémentaire n’est tolérée.

 

Mieux comprendre

Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne 2022-2027 : Etat des lieux du bassin Loire-Bretagne établi en application de la directive cadre sur l'eau (2019) AELB

 

Accéder aux données

L'OEB vous propose 5 datavisualisations détaillant les résultats obtenus en 2019 ainsi que leur évolution depuis depuis 2006. Ces résultats sont disponibles par éléments et aux échelles masses d'eau et stations de référence. Il est également possible de comparer des territoires bretons :

Auteurs : Emmanuèle Savelli (OEB)
Collaborateurs : Elodie Bardon (AELB)
Organisme Associé
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